Gabon/ Fonction publique : l’UPG appelle à une réforme fondée sur la performance, l’équité et le dialogue social
Le bureau exécutif de L’UPG en réunion Credit:© 2026 D.R./Le Radar
Le projet de réforme du Statut général de la Fonction publique et du Statut général des fonctionnaires s’impose désormais comme l’un des sujets majeurs du débat public au Gabon. Le dossier a notamment retenu l’attention du bureau exécutif de l’Union du peuple gabonais (UPG), qui entend apporter sa contribution au débat engagé par le gouvernement. Réuni pour la première fois le 8 août 2026 sous la direction de sa nouvelle présidente, Dr Itsana Pélagie, le bureau exécutif de l’UPG a consacré une partie de ses travaux à l’examen du projet de réforme de la Fonction publique.
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À l’issue de cette réunion, le parti a rendu public, ce mardi 11 août 2026, un communiqué politique consacré à cette réforme. Dans ce document, l’UPG analyse les principales orientations annoncées et formule plusieurs propositions à l’endroit du gouvernement, avec pour objectif de contribuer à l’instauration d’un climat social plus apaisé et à la construction d’une administration publique plus efficace.
Une réforme saluée, mais qui doit aller au-delà de l’avancement
L’UPG estime que plusieurs mesures annoncées peuvent contribuer à la modernisation de l’administration gabonaise. Il cite notamment la volonté de mieux prendre en compte le mérite et la performance dans l’évolution des carrières, l’instauration d’une évaluation participative, le relèvement de 35 à 40 ans de l’âge limite d’accès à la Fonction publique, la valorisation du concours dans le recrutement ainsi que l’intégration de nouveaux métiers, notamment dans le domaine du numérique.
« Oui à la modernisation, au mérite, à la responsabilité et à la performance ; mais dans une Fonction publique elle-même organisée, équitable, professionnelle et performante », indique le communiqué.
Toutefois la réforme ne doit pas se limiter à une modification des mécanismes d’avancement des fonctionnaires.
La question centrale est celle de la Fonction publique que le Gabon souhaite construire : une administration capable de répondre efficacement aux besoins des citoyens, de soutenir les politiques publiques et d’accompagner le développement du pays.
Le mérite, oui, mais dans un cadre transparent
L’UPG se dit favorable à une meilleure prise en compte du mérite, de la compétence, du professionnalisme, de l’intégrité et des résultats dans la gestion des carrières et appelle cependant à la mise en place de critères d’évaluation précis, transparents et adaptés aux différents métiers de l’administration.
Il s’interroge également sur la manière dont seront mesurés et pondérés les différents critères, ainsi que sur la place respective de l’auto-évaluation, de la hiérarchie, des collaborateurs et des usagers.
Il est ndispensable de prévoir des mécanismes permettant à chaque agent de connaître les résultats de son évaluation, de formuler des observations et, le cas échéant, de contester une appréciation qu’il jugerait injustifiée. Le parti met ainsi en garde contre le risque de remplacer un système automatique fondé principalement sur l’ancienneté par un dispositif d’évaluation qui pourrait, s’il est mal encadré, générer de nouvelles formes d’arbitraire.
« Remettre la Fonction publique en ordre »
La réforme doit également s’attaquer aux dysfonctionnements structurels de la gestion des ressources humaines de l’État.
Le parti identifie cinq chantiers prioritaires : la mise en ordre des effectifs, des dossiers et des carrières ; la cohérence entre emplois, compétences, carrières et rémunérations ; la mise à disposition des moyens nécessaires aux administrations ; la restauration du mérite, de la discipline et de l’équité ; et, enfin, la professionnalisation de la gestion des ressources humaines et du management public.
La réforme doit donc reposer sur un principe de responsabilité réciproque : l’État ne peut exiger de ses agents une rigueur qu’il ne s’imposerait pas lui-même dans la gestion de leurs carrières et dans l’organisation de ses administrations.
« Une administration performante constitue une richesse nationale ; une administration désorganisée, démotivée ou affaiblie constitue un frein au développement » , souligne le communiqué.
L’UPG estime notamment que les situations administratives en attente, telles que les titularisations, intégrations, reclassements ou avancements, doivent faire l’objet d’un programme national d’apurement.
Le parti considère également que l’État doit créer les conditions matérielles, financières, humaines et technologiques permettant aux agents d’atteindre les objectifs qui leur sont fixés.
Une responsabilité partagée
Dans son communiqué, l’UPG défend une conception de la performance qui ne repose pas uniquement sur les fonctionnaires.
Pour le parti, le fonctionnaire doit répondre de son travail, le responsable hiérarchique de son management, l’administration de son organisation et de ses résultats, tandis que le gouvernement doit répondre de la performance globale du système.
L’UPG appelle ainsi à dépasser une réforme centrée exclusivement sur l’évaluation individuelle pour aller vers un véritable pilotage de la performance de l’action publique.
Cette approche devrait, selon le parti, permettre d’articuler la performance des politiques publiques, celle des administrations et des services, celle des responsables hiérarchiques et, enfin, celle des agents.
Vers un « Pacte national de modernisation » ?
Pour accompagner cette transformation, l’UPG propose l’ouverture d’un dialogue en vue de l’élaboration d’un « Pacte national de modernisation de la Fonction publique ».
Celui-ci réunirait le gouvernement, les administrations, les organisations syndicales, les représentants des agents publics ainsi que les compétences nationales concernées.
L’objectif serait de dépasser les seules modifications statutaires pour construire une réforme globale et progressive de la gestion publique des ressources humaines.
L’UPG insiste notamment sur la nécessité d’une phase d’expérimentation permettant de tester les nouveaux mécanismes d’évaluation avant leur généralisation.
L’appel au dialogue social
L’Union du peuple gabonais appelle le gouvernement à poursuivre la réforme dans un esprit « d’écoute, de concertation, de justice et de responsabilité ».
Le parti reconnaît l’intérêt de plusieurs orientations annoncées, tout en estimant que leur réussite dépendra essentiellement de leurs conditions de mise en œuvre.
Critères d’évaluation adaptés, procédures transparentes, évaluateurs formés, moyens de travail suffisants, régularisation des situations administratives, garanties de recours et dialogue social sont, pour l’UPG, autant de conditions nécessaires à la réussite de la réforme.
L’UPG refuse par ailleurs que la réforme de la Fonction publique soit réduite à un simple instrument de maîtrise de la masse salariale. Pour l’UPG, l’administration constitue avant tout le capital humain de l’État et l’un des principaux leviers de mise en œuvre des politiques publiques.
L’organisation conclut ainsi sur une formule qui résume sa position : « Un État qui exige la performance doit commencer par organiser sa propre performance. »