UDB : le Docteur Jean-Aimé Mouketou appelle à renouer avec l’inclusivité et le débat d’idées
UDB : le Docteur Jean-Aimé Mouketou appelle à renouer avec l’inclusivité et le débat d’idées Credit:© 2026 D.R./Le Radar
C’est dans une tribune publiée chez nos confrères de Gabonews que le Dr Jean-Aimé Mouketou, militant et Conseiller stratégique de l’UDB Diaspora, s’est exprimé en toute franchise, avec cette liberté de ton, de pensée et de parole qui le caractérise. À l’approche du premier Congrès de l’Union démocratique des bâtisseurs (UDB), il livre une analyse sans complaisance du fonctionnement de son propre parti et appelle à un véritable sursaut.
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Intitulée « L’UDB à l’épreuve de l’inclusivité : pour un sursaut avant le Premier Congrès », sa tribune ne relève pourtant ni de la rupture ni de la contestation de principe. Elle traduit plutôt l’exigence d’un homme qui entend rester fidèle à ses convictions tout en appartenant à la majorité présidentielle : soutenir son parti ne saurait interdire d’en regarder lucidement les dysfonctionnements, de les nommer et d’appeler à les corriger. Le diagnostic posé est sévère. Selon lui,
« l’UDB Diaspora est devenue le miroir des dysfonctionnements observés au sein de l’UDB au Gabon ». Il pointe notamment le poids des réseaux d’influence, les logiques de clans et la marginalisation de certaines voix, rappelant qu’« un grand parti présidentiel ne peut fonctionner comme un cercle fermé » et qu’il doit au contraire « vivre de la contradiction constructive »
C’est précisément sur cette question de la liberté et de la contradiction que le parcours du Dr Jean-Aimé Mouketou prend tout son sens. Pour avoir passé plusieurs années dans la résistance au sein de la diaspora, il en a conservé une réelle liberté d’esprit, de parole et d’action. Mais il y a surtout conservé des amitiés, des fidélités et le respect de plusieurs compagnons de lutte avec lesquels il a, durant des années, battu le pavé et mené certains combats.
Les trajectoires ont pu, depuis, diverger. Les engagements politiques ne sont plus nécessairement les mêmes. Mais les différences d’aujourd’hui n’effacent ni les combats d’hier ni l’estime forgée dans les années de lutte. C’est sans doute ce qui explique que le Dr Mouketou n’hésite pas, dans sa tribune, à citer nommément certains de ceux qui continuent de lui inspirer respect et considération.
Parmi eux, Jean-Valentin Leyama et Michel Ongoundou Loundah. Deux hommes aux parcours aujourd’hui distincts, mais que le Dr Mouketou présente comme des compatriotes portant « un regard critique nourri de réflexion et d’exigence intellectuelle » sur la politique du Chef de l’État, les orientations du gouvernement ou certaines actions publiques. Pour lui, l’inclusivité voulue par le Président fondateur de l’UDB devrait précisément consister à « aller chercher et convaincre » de telles personnalités, à leur permettre de prendre pleinement part au débat national et d’apporter leur concours à la construction du Gabon.
La référence à Michel Ongoundou Loundah prend, dans ce contexte, un relief particulier. Homme tenace, courageux et accrocheur, lui aussi forgé par de longues années de lutte politique, il a conservé une grande liberté d’esprit et de pensée et d’action. Son passage au Sénat de la Transition n’a en rien modifié ses convictions ni émoussé son indépendance de jugement. La preuve, il continue régulièrement à questionner, interpeller ou porter, lorsque les circonstances l’exigent, un regard critique sur l’action publique.
Au fond, c’est peut-être aussi cela que le Dr Mouketou rappelle à son parti : les trajectoires politiques peuvent se séparer sans que disparaissent le respect, la mémoire des combats partagés et la liberté de penser.
Il va d’ailleurs plus loin en rappelant que l’UDB est issue d’une histoire politique particulière et estime qu’elle ne doit pas reproduire certaines pratiques de l’ancien système. Il revendique une tradition d’opposition « historique, principielle, structurée, exigeante, patriote et républicaine », tout en réaffirmant son attachement au respect des statuts du parti et de la ligne du Chef de l’État. À l’approche du premier Congrès, le Dr Mouketou place donc la barre haut. L’UDB, écrit-il, « ne saurait être la propriété d’un groupe, d’un clan ou d’une sensibilité particulière ». Et il résume l’exigence qui traverse l’ensemble de son texte dans une formule sans détour : « LE RESPECT, RIEN QUE LE RESPECT. »
Le premier Congrès apparaît dès lors comme un rendez-vous décisif. Le Dr Mouketou souhaite qu’il donne toute sa place à la base militante, permette un débat « fécond, franc, structuré et approfondi » et fasse émerger des responsables dont la légitimité repose sur l’adhésion des militants plutôt que sur des désignations contestées. Derrière cette tribune consacrée au fonctionnement interne de l’UDB se dessine finalement une interrogation beaucoup plus large : un grand parti présidentiel peut-il durablement se construire sans accepter en son sein la contradiction, la diversité des sensibilités et la présence d’esprits libres ?
En citant Jean-Valentin Leyama et Michel Ongoundou Loundah, le Dr Jean-Aimé Mouketou apporte lui-même une partie de la réponse : l’inclusivité véritable ne consiste pas seulement à rassembler ceux qui approuvent. Elle consiste aussi à savoir dialoguer avec ceux qui questionnent.
RDB
