Un esthéticien ambulant en plein travail Credit:© 2026 D.R./Le Radar
Ils sont devenus une présence familière dans les rues de la capitale gabonaise. À l’angle d’un carrefour, dans un quartier populaire ou à l’arrière d’un bar, les esthéticiens ambulants communément appelés « tailleurs d’ongles » proposent des soins rapides et accessibles à tous les budgets.
Si cette activité répond à un besoin réel de la population, elle soulève néanmoins de sérieuses inquiétudes en matière de santé publique.
Reconnaissables au cliquetis de leurs ciseaux, principal outil de travail, ces praticiens sillonnent les artères urbaines à la recherche de clients. Manucure, pédicure, entretien des ongles ou retrait des cuticules sont réalisés sur place, souvent à même la rue. Une activité informelle, non encadrée, qui connaît une croissance préoccupante.
Une pratique hors de tout cadre réglementaire
Contrairement aux salons d’esthétique agréés, les esthéticiens ambulants exercent sans autorisation officielle, sans formation certifiée et sans contrôle sanitaire.
Le matériel utilisé est rarement désinfecté entre deux clients, et les conditions d’hygiène sont loin de répondre aux normes minimales exigées par les autorités sanitaires.
Cette absence de réglementation constitue un véritable angle mort de la santé publique. En manipulant quotidiennement des outils coupants ou abrasifs ciseaux, pinces, coupe-ongles sans stérilisation adéquate, ces praticiens exposent leurs clients à des risques sanitaires majeurs.
Des dangers sanitaires bien réels
Les conséquences peuvent être graves. Mycoses, infections bactériennes, panaris et inflammations cutanées sont parmi les affections les plus courantes. Mais au-delà de ces pathologies visibles, le danger est parfois invisible et bien plus sérieux.
Les microcoupures provoquées lors des soins peuvent faciliter la transmission de maladies transmissibles par le sang, notamment l’hépatite B ou C, voire d’autres infections virales.
Pour les professionnels de santé, ces pratiques constituent un facteur de propagation silencieuse de maladies évitables, dans un contexte où la prévention et la sensibilisation restent insuffisantes.
Pour beaucoup de ces esthéticiens ambulants, cette activité représente une source de revenus indispensable. Mais la survie économique ne saurait se faire au détriment de la santé des populations, car au-delà du simple soin esthétique, c’est bien la santé collective qui est en jeu.
JMK