Santé et bien-être Société Économie Politique Environnement Fait-divers Monde Sports Culture / Arts Face au Radar
Flash
Infos

Gabon : Guy Nzouba Ndama refuse toute restriction du nombre de partis politiques


Gabon : Guy Nzouba Ndama refuse toute restriction du nombre de partis politiques

L’ancien président de l’Assemblée nationale Guy Nzouba Ndama Credit:© 2026 D.R./Le Radar

Alors que la loi n° 016/2025 du 27 juin 2025 durcit les conditions d’existence et de fonctionnement des formations politiques, l’ancien président de l’Assemblée nationale Guy Nzouba Ndama, défend le pluralisme et la liberté de chaque Gabonais de choisir son engagement.

Gabon : Guy Nzouba Ndama refuse toute restriction du nombre de partis politiques

 

 
Le débat sur l’avenir des partis politiques reste ouvert. En marge de la commémoration du 15ᵉ anniversaire de la disparition de Pierre Mamboundou, organisée à Ndendé, LeRadar.ga a interrogé Guy Nzouba Ndama sur les nouvelles règles imposées aux formations politiques.

 
Sa position est ferme. L’ancien président de l’Assemblée nationale rejette toute limitation du nombre de partis au motif qu’ils seraient trop nombreux.

 

« C’est un grand débat. Je ne suis pas pour la limitation des partis politiques. Le débat doit se poursuivre. Chaque Gabonais doit être libre d’adhérer au parti de son choix, même si c’est un tout petit parti. S’il n’y a que deux militants, il faut les laisser s’exprimer. On ne peut pas contingenter les intelligences, on ne peut pas contingenter la liberté, ce n’est pas possible » , a-t-il déclaré au micro du Radar.

 

Guy Nzouba Ndama récuse également l’idée selon laquelle la multiplication des partis constituerait, à elle seule, un danger pour la démocratie gabonaise.


L’ancien président de l’Assemblée nationale à l’église catholique de Ndendé lors de l’office religieux de Pierre Mamboundou

 

« Je suis contre toute idée de vouloir restreindre l’espace politique sous prétexte qu’il y a trop de partis politiques. Il n’y a jamais trop de partis. Les partis sont à l’image même des Gabonais » , a-t-il ajouté.

 

Une réforme aux exigences renforcées

 

Cette prise de position intervient alors que la loi n° 016/2025 du 27 juin 2025 redéfinit les conditions de reconnaissance et de fonctionnement des partis politiques au Gabon.

 

Le texte impose notamment des exigences relatives au nombre et à l’identification des adhérents, à leur répartition territoriale, au siège du parti, à la détention d’un compte bancaire, à la tenue d’une comptabilité et au fonctionnement interne. Il prévoit également des obligations d’activité politique et des sanctions en cas de manquement.

 

Les autorités présentent cette réforme comme un moyen d’assainir le paysage politique et d’écarter les formations sans implantation ni activité réelles. Mais les conditions imposées peuvent fragiliser les petits partis, dont les moyens financiers, humains et territoriaux restent limités.

 

Assainir sans verrouiller

 

Le véritable enjeu dépasse donc le nombre de partis. Il concerne les critères retenus pour décider quelles organisations pourront continuer d’exister légalement et participer à la vie publique.

 

Une formation minoritaire peut disposer de peu de militants sans être dépourvue d’idées, de légitimité ou d’utilité démocratique. À l’inverse, une implantation administrative étendue ne garantit ni une véritable activité politique ni un fonctionnement démocratique.

 

En défendant le droit d’existence des petits partis, Guy Nzouba Ndama place les autorités devant une responsabilité majeure : appliquer la réforme sans en faire un instrument de sélection politique.

 

Assainir le paysage politique peut se justifier. Le réduire aux seules formations capables de satisfaire des exigences financières, administratives ou territoriales élevées reviendrait à réserver la démocratie aux mieux dotés. Le pluralisme ne se protège pas en choisissant les voix autorisées à parler, mais en garantissant à chaque courant le droit d’exister, de convaincre et d’être jugé par les citoyens.

 

Commenter l'article