Gabon / Mékambo : 1 500 élèves, des enseignants qui manquent et des salles qui menacent ruine
Une salle de classe du lycée Mohamed Mouapa Béotsa, image Metandou Mia Mékambo Credit:© 2026 D.R./Le Radar
Au lycée Mohamed Mouapa Béotsa, dans l’Ogooué-Ivindo, le manque d’enseignants, la dégradation des bâtiments et l’arrêt d’un chantier de huit salles de classe suscitent de sérieuses inquiétudes. Une situation dénoncée sur Facebook par Metandou Mia Mékambo, qui interpelle les autorités éducatives.
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Un lycée de quelque 1 500 élèves sans professeur d’histoire et avec un seul enseignant dans plusieurs disciplines essentielles. C’est le tableau préoccupant que dresse Metandou Mia Mékambo dans une publication sur Facebook consacrée au lycée Mohamed Mouapa Béotsa, à Mékambo, dans la province de l’Ogooué-Ivindo.
Selon son témoignage, l’établissement ne disposerait d’aucun professeur d’histoire. Plus inquiétant encore, le français, les mathématiques et l’anglais ne compteraient chacun qu’un seul enseignant pour l’ensemble des classes, de la sixième à la terminale. La philosophie, l’économie et l’espagnol seraient également assurés par un seul professeur par discipline.
Ces chiffres, qui restent à confirmer auprès de l’administration scolaire, soulèvent une question essentielle : comment assurer un enseignement régulier et préparer convenablement les élèves aux examens nationaux avec des effectifs aussi réduits ?
Des salles dégradées, un chantier à l’arrêt
Les difficultés ne se limiteraient pas au personnel enseignant. Toujours selon Metandou Mia Mékambo, certaines salles de classe présenteraient un état de dégradation avancé, avec des plafonds menaçant de s’effondrer.
Si ces risques sont confirmés, la question dépasse celle du confort scolaire. Elle concerne directement la sécurité des élèves et du personnel.
À cette situation s’ajouterait l’arrêt, une nouvelle fois, du chantier de construction de huit salles de classe. Ces travaux auraient été engagés dans le cadre des réalisations annoncées à l’occasion de la fête de la Libération dans l’Ogooué-Ivindo.
Pourquoi ce chantier est-il interrompu ? Quel est son niveau réel d’exécution ? À quelle date les nouvelles salles pourront-elles accueillir les élèves ? Autant de précisions que les autorités compétentes devraient apporter.
L’école de l’intérieur attend des actes
Au-delà du cas de Mékambo, ce témoignage remet en lumière les difficultés auxquelles peuvent être confrontés les établissements scolaires éloignés des grands centres urbains : insuffisance d’enseignants, infrastructures vieillissantes et projets de construction qui tardent à aboutir.
Les alertes publiées méritent donc une vérification rapide et des réponses précises du ministère de l’Éducation nationale. Un état des lieux des effectifs enseignants, une inspection des bâtiments signalés comme dangereux et un calendrier de reprise des travaux permettraient déjà de mesurer la situation et les engagements nécessaires.
Car derrière les statistiques et les chantiers inachevés, il y a des élèves dont la scolarité se déroule aujourd’hui dans des conditions potentiellement préjudiciables à leur avenir.
À Mékambo, les familles n’attendent pas de nouvelles annonces. Elles veulent des professeurs devant les élèves, des salles de classe sûres et des travaux menés à leur terme.
Une année scolaire perdue ne se rattrape pas avec un communiqué.