Le tas d’immondices qui jonche les abords du marché de Ndjolé Credit:© 2026 D.R./Le Radar
La crise de l’insalubrité ne concerne pas uniquement Libreville. Dans plusieurs villes de l’intérieur du pays, l’accumulation des ordures demeure également une réalité préoccupante. À Ndjolé, dans le Moyen-Ogooué, le constat est particulièrement visible, jusque dans le centre-ville. Une vidéo parvenue à la rédaction du Radar hier montre l’état actuel du marché situé à proximité de la Société d’énergie et d’eau du Gabon (SEEG). Un important tas d’immondices jonche les abords du marché, au milieu d’un espace fréquenté quotidiennement par les commerçants et les habitants.
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Cette situation soulève des interrogations sur la gestion des déchets dans cette commune. Au-delà de la dégradation du cadre de vie, la présence prolongée d’ordures à proximité des populations pose également la question des risques sanitaires et environnementaux liés à l’insalubrité.
L’intérieur du pays attend-il aussi des réponses ?
À Libreville, le gouvernement a récemment demandé aux autorités municipales d’obtenir des résultats visibles dans la lutte contre l’insalubrité. Le vice-président du gouvernement, Hermann Immongault, a notamment fixé aux maires de Libreville, Owendo, Akanda et Ntoum , un délai de trois mois pour améliorer concrètement la situation.
Dans le même temps, le maire de Libreville, Eugène M’ba, a remis des camions aux mairies d’arrondissement afin de renforcer les opérations de nettoyage de proximité et l’évacuation des déchets.
Mais une question demeure : le renforcement des moyens matériels suffit-il à résoudre durablement le problème de l’insalubrité ?
Car les camions ne constituent qu’un maillon de la chaîne. Leur efficacité dépend également de la régularité de la collecte, de l’organisation des services municipaux, du suivi des opérations et de la capacité des collectivités à assurer durablement l’entretien des espaces publics.
La vidéo récente
À Ndjolé, l’état du marché pose ainsi une question plus large : qui assure aujourd’hui la collecte et l’évacuation régulière des déchets dans les villes de l’intérieur du pays ?
De la collecte à la décharge, un problème qui reste entier
Au-delà du ramassage, une autre question se pose : où vont les déchets une fois collectés ?
À Libreville, l’essentiel des déchets ménagers est dirigé vers la décharge de Mindoubé, située dans le 5e arrondissement. Ce site, en activité depuis plusieurs décennies, constitue l’un des principaux points de réception des déchets produits dans la capitale.
Mais sa saturation et les préoccupations environnementales et sanitaires liées à son fonctionnement ont régulièrement relancé le débat sur la nécessité de mettre en place des solutions alternatives, notamment un centre d’enfouissement technique répondant davantage aux normes environnementales.
Cette situation révèle les limites d’une gestion des déchets pensée principalement sous l’angle du ramassage. Collecter les ordures ne règle pas, à lui seul, la question de leur traitement et de leur élimination.
Le problème est encore plus sensible dans les communes de l’intérieur, où les moyens des collectivités peuvent être limités et où les dispositifs de collecte, de transport et de traitement des déchets restent souvent insuffisamment structurés.
À Ndjolé comme dans d’autres villes du pays, les populations attendent donc des réponses concrètes. Car la salubrité du cadre de vie ne devrait pas être une préoccupation réservée à la capitale.
Alors que le gouvernement affiche sa volonté de faire de la lutte contre l’insalubrité une priorité, la question reste entière : quelle stratégie nationale pour assurer une gestion durable des déchets, de Libreville aux villes de l’intérieur du pays ?