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Au cœur de l’UDB, parti au pouvoir


Au cœur de l’UDB, parti au pouvoir

Image ( illustration) Credit:© 2026 D.R./Le Radar

L’Union démocratique des bâtisseurs (UDB) occupe désormais une place centrale dans le pouvoir gabonais. Majoritaire au Parlement, présente au gouvernement et dirigée par le chef de l’État, la formation concentre plusieurs leviers politiques et institutionnels. Dans ce nouveau numéro du Dossier du Radar, notre rédaction s’intéresse à son organisation, à ses mécanismes de décision et aux frontières entre responsabilités partisanes et fonctions d’État.

Organisation verticale, cumul des responsabilités et porosité entre parti et État : enquête sur les mécanismes d’un pouvoir qui concentre les leviers politiques et institutionnels.

 
Le Dossier du Radar

 
En quelques mois, l’Union démocratique des bâtisseurs (UDB) s’est imposée comme la principale force politique du Gabon. Créée dans le sillage de la candidature présidentielle de Brice Clotaire Oligui Nguema, elle dispose désormais d’une majorité parlementaire confortable et compte dans ses instances dirigeantes plusieurs membres du gouvernement, ainsi que des personnalités issues de l’institution militaire.

 
Cette ascension rapide mérite que l’on s’intéresse à ses mécanismes internes, à ses circuits de décision et, surtout, à la nature des rapports que le parti entretient avec les institutions de la République.

 
Pour ce nouveau numéro du Dossier du Radar, notre rédaction a effectué plusieurs recherches, examiné la composition des instances dirigeantes de l’UDB et recueilli les analyses de différents acteurs politiques.

 
De ces investigations se dégagent plusieurs interrogations sur la verticalité de l’organisation, la concentration des responsabilités et les garanties permettant de distinguer l’autorité d’un parti de celle de l’État.

 
Car au-delà de l’UDB, c’est une question essentielle pour la Ve République qui se trouve posée : jusqu’où un parti au pouvoir peut-il étendre son influence sans compromettre l’autonomie des institutions qu’il est censé servir ?

 
Une organisation dont les décisions descendraient du sommet

 
Les témoignages recueillis par LeRadar décrivent une organisation fortement centralisée, au sein de laquelle les grandes orientations seraient définies au sommet avant d’être relayées aux différents échelons du parti.

 
Cette verticalité, fréquente dans les formations construites autour d’une personnalité dominante, appelle néanmoins une interrogation sur la place effectivement accordée aux instances intermédiaires, aux militants et au débat interne.

 
L’UDB est-elle un espace de délibération politique, capable de produire ses propres orientations et d’en discuter collectivement, ou fonctionne-t-elle principalement comme un instrument d’accompagnement et de relais des décisions du pouvoir exécutif ?

 
La question prend une dimension particulière lorsque le président-fondateur du parti est également président de la République et chef du gouvernement.

 
Dans le souci de recueillir la position officielle de l’UDB, notre rédaction a sollicité son porte-parole et lui a transmis un protocole d’interview portant notamment sur l’organisation interne et les mécanismes de décision.

 
Après plusieurs jours d’attente, la seule réponse reçue a tenu en une phrase :

 
« Ils ont d’autres objectifs. »

 
Cette réaction, qui n’apporte aucun éclaircissement sur les questions transmises, laisse malheureusement le débat ouvert.

 
Un parti qui exerce une responsabilité aussi importante dans la conduite des affaires publiques gagnerait pourtant à expliquer son fonctionnement, d’autant que les décisions prises dans ses instances peuvent avoir des répercussions bien au-delà du cercle de ses adhérents.

 
Du Rassemblement des bâtisseurs à l’UDB : un parti né dans le sillage du pouvoir

 
L’histoire récente de l’UDB éclaire en partie sa configuration actuelle.

 
En mars 2025, le Rassemblement des bâtisseurs (RdB) apparaît comme une plateforme de soutien à la candidature de Brice Clotaire Oligui Nguema à l’élection présidentielle d’avril. Après la victoire de ce dernier, la structure évolue vers une formation politique constituée, sous l’appellation Union démocratique des bâtisseurs.

 
Cette chronologie présente une particularité politique importante : l’organisation partisane s’est structurée autour d’un homme déjà installé au sommet de l’État, avant de devenir la principale force politique du pays.

 
Une telle trajectoire n’est pas sans rappeler certains épisodes de l’histoire politique gabonaise.

 
En octobre 2025, Michel Ongoundou Loundah, alors président de Réappropriation du Gabon, de son indépendance pour sa reconstruction (REAGIR), établissait, dans une déclaration rapportée par Gabonreview, un parallèle entre la création du Rassemblement des bâtisseurs et celle du Parti démocratique gabonais (PDG), en 1968.

 
Il mettait notamment en garde contre une configuration dans laquelle le président de la République concentrerait simultanément la direction de l’État, du gouvernement et de la majorité politique.

 
Le parallèle historique mérite attention. Le Gabon a connu pendant plusieurs décennies les effets d’une imbrication profonde entre les structures du parti dominant et celles de l’administration publique.

 
La restauration des institutions, présentée comme l’un des fondements de la nouvelle République, devrait précisément conduire à examiner les pratiques susceptibles de reproduire cette proximité organique.

 
Des dirigeants aux parcours politiques hétérogènes

 
L’autre singularité de l’UDB tient au profil de plusieurs de ses principaux responsables.

 
Son président-fondateur, Brice Clotaire Oligui Nguema, est un militaire de carrière dont l’accession au pouvoir a précédé l’engagement partisan.

 
Mays Mouissi, secrétaire général du parti, présente un parcours différent. Connu notamment pour ses travaux d’analyse économique et financière, il a également milité auparavant au sein de l’Union du peuple gabonais (UPG).

 
D’autres personnalités occupant des responsabilités dans l’organigramme de l’UDB sont issues de l’institution militaire ou de la haute administration, sans nécessairement disposer d’une longue expérience dans l’animation d’une formation politique traditionnelle.

 
Cette diversité des profils pourrait constituer une richesse si elle s’accompagnait de véritables espaces de confrontation des idées et d’élaboration collective.

 
Elle soulève toutefois une question sur les fondements de la légitimité interne : les responsabilités sont-elles principalement distribuées selon l’expérience militante, la représentativité politique, les compétences ou la proximité avec le centre du pouvoir ?

 
La réponse permettrait de mieux comprendre la nature d’une formation devenue dominante en un temps particulièrement court.

 
Une majorité parlementaire qui renforce la centralité du parti

 
Avec 102 sièges sur les 145 que compte l’Assemblée nationale, à l’issue des élections législatives d’octobre 2025, l’UDB dispose d’une majorité lui permettant de peser considérablement sur le travail législatif et les équilibres institutionnels.

 
Cette position lui confère également une responsabilité particulière dans l’exercice du contrôle parlementaire.

 
Une majorité politique a naturellement vocation à soutenir l’action du gouvernement. Mais les députés qui la composent demeurent investis d’un mandat de représentation nationale. Leur rôle comprend l’examen des politiques publiques, le contrôle de l’exécutif et, lorsque les circonstances l’exigent, la contestation de certaines décisions gouvernementales.

 
Lorsque les principales orientations du gouvernement et celles du parti majoritaire procèdent d’un même centre de décision, le risque existe de voir la discipline partisane réduire la portée du débat parlementaire.

 
La solidité d’une majorité devrait aussi se mesurer à sa capacité à exercer un contrôle exigeant sur le gouvernement qu’elle soutient.

 
Gouvernement et UDB : un cumul de responsabilités particulièrement étendu

 
C’est probablement sur ce terrain que les interrogations deviennent les plus concrètes.

 
En croisant la composition du gouvernement formé le 1er janvier 2026 avec l’organigramme publié par l’UDB, Le Radar relève une présence importante de membres de l’exécutif dans les instances dirigeantes du parti.

 
Plusieurs ministres y occupent même des fonctions de premier plan.

 
Mays Mouissi, ministre du Logement, de l’Habitat, de l’Urbanisme et du Cadastre, exerce parallèlement les fonctions de secrétaire général de l’UDB.

 
Ulrich Manfoumbi Manfoumbi, ministre d’État, ministre des Transports, de la Marine marchande et de la Logistique, en est le 5e vice-président.

 
Germain Biahodjow, ministre de la Communication et des Médias, occupe la 6e vice-présidence.

 
Armande Longo Moulengui, ministre des Affaires sociales, chargée de la Protection de l’enfance et de la Femme, est la 7e vice-présidente.

 
Maurice Ntossui Allogo, ministre des Eaux et Forêts, de l’Environnement et du Climat, chargé du conflit homme-faune, occupe la 9e vice-présidence.

 
Sosthène Nguema Nguema, ministre des Mines et des Ressources géologiques, est également secrétaire général adjoint du parti, chargé du suivi et de l’évaluation des politiques publiques.

 
D’autres membres du gouvernement siègent dans les structures stratégiques de l’UDB.

 
C’est le cas de Philippe Tonangoye, ministre de l’Accès universel à l’Eau et à l’Énergie, membre du Conseil stratégique national et représentant de l’Ogooué-Ivindo.

 
Lubin Ntoutoume, ministre de l’Industrie et de la Transformation, siège dans ce même conseil en qualité de représentant du Woleu-Ntem.

 
Marcelle Ibinga Itsitsa, ministre du Tourisme durable et de l’Artisanat, y représente la Ngounié.

 
Laurence Ndong, ministre de la Fonction publique et du Renforcement des capacités, préside pour sa part la Ligue nationale des femmes de l’UDB.

 
Au sommet de cette architecture figure naturellement Brice Clotaire Oligui Nguema, président de la République, chef de l’État, chef du gouvernement et président-fondateur de la formation politique.

 
Cette accumulation de responsabilités dessine une configuration dans laquelle les principaux animateurs du parti sont aussi, pour une part importante, les responsables de la conduite des politiques publiques.

 
Le phénomène mérite d’être examiné au regard des engagements de restauration institutionnelle et de renouvellement des pratiques politiques.

 
Quand le parti évalue les politiques conduites par ses propres dirigeants

 
La fonction confiée à Sosthène Nguema Nguema dans l’organigramme de l’UDB mérite, à cet égard, une attention particulière.

 
Ministre des Mines et des Ressources géologiques, il est également secrétaire général adjoint chargé du suivi et de l’évaluation des politiques publiques.

 
Cette double responsabilité illustre les difficultés potentielles d’une organisation dans laquelle des membres du gouvernement participent simultanément à la direction d’une structure partisane appelée à apprécier l’action publique.

 
L’évaluation politique de l’action gouvernementale relève naturellement des prérogatives d’un parti majoritaire. Encore faut-il que les mécanismes de contrôle conservent une autonomie suffisante et que les intérêts institutionnels ne soient pas subordonnés aux impératifs de communication ou de cohésion partisane.

 
Le risque est celui d’un système dans lequel les mêmes responsables contribuent à définir les orientations, participent à leur exécution et interviennent dans leur appréciation politique.

 
Une telle concentration peut affaiblir les contrepoids internes et rendre plus difficile l’expression d’analyses divergentes.

 
Neutralité de l’État : une exigence qui dépasse les appartenances politiques

 
Il convient de rappeler que l’engagement politique d’un ministre n’est pas, en lui-même, constitutif d’une irrégularité. Les formations majoritaires ont vocation à fournir des responsables à l’exécutif.

 
L’enjeu se situe dans les conditions concrètes d’exercice de ces responsabilités.

 
Un ministre peut défendre les orientations de son parti. Dans l’exercice de ses fonctions gouvernementales, il demeure toutefois responsable d’un service public destiné à l’ensemble des citoyens, quelles que soient leurs convictions.

 
Cette distinction devrait se traduire dans les nominations, le recrutement des collaborateurs, l’accès aux marchés publics, la répartition des investissements, les relations avec les collectivités territoriales et le fonctionnement quotidien de l’administration.

 
Le cumul des fonctions devient politiquement problématique lorsqu’il favorise, ou laisse craindre, une confusion entre fidélité partisane et loyauté institutionnelle.

 
La restauration de l’État suppose donc des garanties vérifiables : transparence des procédures, égalité d’accès aux responsabilités, prévention des conflits d’intérêts et capacité des organes de contrôle à exercer leurs missions sans dépendance politique.

 
À défaut, l’administration peut progressivement être perçue comme le prolongement d’une majorité plutôt que comme une institution permanente au service de la Nation.

 
Roger Mouloungui : « Aucun citoyen ne doit être exclu pour des raisons partisanes »

 
Interrogé dans le cadre de ce dossier, l’acteur politique Roger Mouloungui replace le débat sur le terrain de l’équité dans la gestion publique.

 
Il rappelle un principe qui devrait constituer le socle de toute administration républicaine :

« L’équité est une règle d’or dans la gestion publique. Aucun citoyen ne doit être exclu pour des raisons partisanes. La gouvernance publique devrait être neutre et valoriser tous les citoyens, censés être égaux devant la loi, qui leur confère les mêmes droits, sans exclusivité. »

Cette position renvoie directement aux conditions d’accès à l’emploi public et aux responsabilités administratives.

 
Dans un environnement politique fortement dominé par une formation, le risque est de voir se développer, même de manière informelle, des mécanismes de sélection privilégiant l’appartenance ou la proximité partisane.

La compétence, l’expérience et le mérite doivent demeurer les critères déterminants des choix administratifs.

 
Il en va également de la crédibilité de l’État auprès des citoyens qui ne se reconnaissent pas dans la majorité au pouvoir.

 
Lionel Giovani Boulingui : le risque d’une appropriation partisane des institutions

 
Pour Lionel Giovani Boulingui, porte-parole d’Ensemble pour le Gabon (EPG), la configuration actuelle soulève un problème politique plus profond, lié au brouillage des frontières entre responsabilités partisanes et fonctions institutionnelles.

 
Son analyse met notamment en cause la place qu’il estime excessive de la proximité politique dans certains choix administratifs et institutionnels.

 
Au-delà des personnes concernées, il invite à s’interroger sur la capacité des institutions à fonctionner selon leurs règles propres, indépendamment des intérêts de la formation dominante.

 
Il insiste également sur la nécessité de préserver la fonction de contrôle du Parlement. La majorité dont dispose l’UDB ne devrait pas, selon lui, conduire à réduire les députés au rôle de simples relais des orientations gouvernementales.

 
Cette préoccupation trouve une expression particulièrement forte dans une formule qui résume sa position :

 
« L’armée ne doit pas appartenir à un homme.

L’administration ne doit pas appartenir à un parti.

L’État ne doit appartenir à personne. »

 
La portée politique de cette déclaration dépasse les seules pratiques actuellement reprochées au pouvoir.

 
Elle rappelle une exigence fondamentale : les institutions républicaines sont permanentes, tandis que les majorités politiques sont, par nature, appelées à évoluer.

 
La télévision nationale : service public ou relais de communication partisane ?

 
Les interrogations sur les rapports entre l’UDB et les institutions concernent également la communication publique.

 
La diffusion sur la télévision nationale de contenus et de communiqués relatifs aux activités internes du parti pose la question du traitement réservé à la formation majoritaire sur un média financé et organisé dans le cadre du service public.

 
La difficulté devient particulièrement sensible lorsque des annonces relevant du fonctionnement interne d’un parti bénéficient d’une visibilité comparable à celle des informations institutionnelles.

 
Certains observateurs évoquent l’hypothèse d’espaces de communication payants. Cette possibilité, qui demanderait à être établie par les responsables concernés ou par l’examen d’éventuels documents contractuels, ne dispense pas d’une réflexion sur les conditions d’accès équitable aux médias publics.

 
Une télévision nationale doit pouvoir rendre compte des activités du parti au pouvoir, comme de celles des autres formations politiques, dans le respect des règles éditoriales et des obligations de pluralisme.

 
La proximité entre les responsables gouvernementaux et les dirigeants de l’UDB rend cette exigence d’autant plus importante.

 
Lorsque le ministre chargé de la Communication occupe également une vice-présidence du parti majoritaire, la clarté des règles applicables aux médias publics devient un enjeu institutionnel majeur.

 
Il importe que la ligne éditoriale, les choix de programmation et le traitement de l’information politique puissent être exercés à l’abri de toute pression partisane.

 
Le précédent du PDG et les promesses de la Ve République

 
L’histoire politique gabonaise offre suffisamment d’enseignements pour que ces interrogations soient prises au sérieux.

 
Sous le régime du Parti démocratique gabonais, la proximité entre les structures partisanes, l’administration et les institutions avait progressivement installé des pratiques dont les effets ont durablement marqué la vie publique.

 
La position dominante d’un parti peut favoriser l’apparition de réseaux de fidélité dans lesquels l’évolution professionnelle, l’accès aux responsabilités et les opportunités publiques semblent dépendre davantage de l’alignement politique que des compétences individuelles.

 
La création de la Ve République avait notamment suscité l’espoir d’une rupture avec les mécanismes ayant contribué à affaiblir les institutions antérieures.

 
Or, l’existence d’une nouvelle Constitution, d’un nouveau parti majoritaire et de nouveaux responsables ne suffit pas, à elle seule, à garantir une transformation des pratiques.

 
Celle-ci doit pouvoir être appréciée dans le fonctionnement réel des institutions, la transparence des nominations, l’autonomie du Parlement et la capacité de l’administration à traiter les citoyens sans discrimination politique.

 
L’UDB, parce qu’elle occupe aujourd’hui une position centrale dans l’architecture du pouvoir, porte une responsabilité particulière dans la construction de ces garanties.

 
Un parti dominant peut-il accepter des institutions autonomes ?

 
La question traverse finalement l’ensemble de ce dossier.

 
L’UDB dispose d’une majorité parlementaire importante, compte plusieurs ministres dans sa direction et a pour président-fondateur le chef de l’État et du gouvernement.

 
Cette concentration lui confère une capacité d’action politique considérable. Elle rend également nécessaire une vigilance accrue sur les mécanismes de séparation, de contrôle et de responsabilité.

 
La maturité institutionnelle d’un régime se mesure notamment à sa capacité à laisser fonctionner les contre-pouvoirs, y compris lorsque ceux-ci contestent les décisions de la majorité.

 
Elle suppose une administration accessible à tous, un Parlement capable d’interroger librement le gouvernement, des médias publics respectueux du pluralisme et des nominations qui ne transforment pas l’appartenance partisane en condition implicite de promotion.

 
L’enjeu dépasse les rivalités entre formations politiques. Il touche directement à la confiance des citoyens dans les institutions et à la possibilité, pour chacun, de se reconnaître dans un État qui demeure le sien, indépendamment de ses choix électoraux.

 
La restauration institutionnelle revendiquée par les autorités gabonaises sera également jugée sur cette capacité à préserver l’État des logiques d’appropriation politique.

 
L’avertissement formulé par Lionel Giovani Boulingui prend ici toute sa portée :

 
« L’armée ne doit pas appartenir à un homme. L’administration ne doit pas appartenir à un parti. L’État ne doit appartenir à personne. »

 
Car un parti, aussi majoritaire soit-il, reste une organisation politique. Sa légitimité électorale lui donne vocation à gouverner dans le cadre des institutions, sans lui conférer un droit de propriété sur celles-ci.

 
L’UDB est aujourd’hui au cœur du pouvoir gabonais. Reste à savoir si son fonctionnement et ses pratiques contribueront à consolider l’autonomie des institutions ou à réinstaller cette vieille proximité entre parti dominant et appareil d’État dont le Gabon connaît déjà les conséquences.

 

Le Dossier du Radar — Une enquête sur les pratiques, les mécanismes et les enjeux du pouvoir.

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