Le siège du FGIS à Libreville Credit:© 2026 D.R./Le Radar
Le Fonds gabonais d’investissements stratégiques (FGIS), chargé de la gestion du fonds souverain de la République gabonaise, connaît une nouvelle transition à sa direction. Une succession de changements qui relance les interrogations sur la stabilité et la gouvernance de cette structure stratégique.
Une instabilité qui interroge la gouvernance
Le FGIS change une nouvelle fois de patron. Ismaël Libizangomo a été nommé directeur général de l’institution le 18 septembre dernier, à l’issue du Conseil des ministres. Il succède à Serge Brice Ngodjou.
Cette nouvelle nomination intervient après plusieurs mouvements à la tête du FGIS. En janvier 2025, l’ancien Administrateur directeur général (ADG), Persis Lionel Essono Ondo, avait quitté ses fonctions dans un contexte marqué par une polémique autour de son curriculum vitae. Son départ avait alors suscité des interrogations sur les suites données à cette affaire.
Depuis, la succession des responsables à la tête de cette institution stratégique interroge. Car au-delà des personnes, c’est la continuité de la gouvernance et la capacité du FGIS à conduire efficacement ses missions qui sont en jeu.
Une nouvelle nomination qui fait déjà parler
La nomination d’Ismaël Libizangomo intervient après son passage à BGFI Capital, filiale du groupe BGFIBank.
Selon AfricaIntelligence, le nouveau directeur général du FGIS aurait quitté le groupe bancaire dans un contexte de relations fortement dégradées avec son président-directeur général, Henri-Claude Oyima.
Le média affirme également qu’Ismaël Libizangomo, écarté de ses fonctions plusieurs semaines auparavant, se serait ensuite retrouvé à la présidence de la République, où il aurait occupé un rôle de conseiller informel dans l’attente d’une nouvelle affectation.
Africa Intelligence évoque ainsi une « discrète exfiltration de la banque ». Une lecture qui appartient au média et qui n’a, à ce stade, pas fait l’objet d’une confirmation officielle concernant les raisons exactes de son départ de BGFI Capital.
Le FGIS face à l’enjeu de la stabilité
La question dépasse désormais les parcours individuels. Le FGIS occupe une place particulière dans l’architecture économique et financière de l’État. Sa mission exige donc une gouvernance stable, une vision de long terme et une continuité dans la conduite des investissements stratégiques.
Or, les changements successifs à sa tête peuvent naturellement susciter des interrogations : quelles sont les raisons précises de ces mouvements ? Quelle stratégie est assignée au FGIS ? Quels résultats sont attendus de ses dirigeants successifs ?
Autant de questions auxquelles une communication institutionnelle plus claire permettrait de répondre.
Au moment où les autorités affichent leur volonté de renforcer la gestion des ressources et des actifs de l’État, la stabilité des structures chargées de porter cette ambition apparaît comme un enjeu central.
Pour le FGIS, l’enjeu ne réside donc pas uniquement dans la nomination d’un nouveau directeur général. Il s’agit surtout de savoir si cette nouvelle direction permettra d’inscrire l’institution dans une trajectoire durable, lisible et pleinement orientée vers la performance au service de l’État gabonais.