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Gabon : la rupture à l’épreuve du retour silencieux de l’ancien système


Gabon : la rupture à l’épreuve du retour silencieux de l’ancien système

Michel Ongoundou Loundah, président de REAGIR, ancien sénateur de la Transition Credit:© 2026 D.R./Le Radar

Dans une tribune incisive publiée ce lundi 4 mai dans le média en ligne Le Confidentiel Michel Ongoundou Loundah, président du parti d’opposition REAGIR, dénonce une continuité politique dissimulée depuis le changement de régime d’août 2023. Entre le retour en force du Parti démocratique gabonais (PDG) et l’essoufflement des forces dites nouvelles, il interroge la réalité de la rupture annoncée.

Une inauguration sous le signe du faste

Au lendemain de l’inauguration fastueuse du nouveau Palais des Congrès, je ne m’attarderai ni sur l’excès de luxe déployé — véritable affront à la précarité sociale — ni sur les nombreux impairs ayant entaché la cérémonie. Je me limiterai à un bref retour en arrière, plus éclairant.

De la rupture proclamée à la continuité constatée

De la rupture annoncée à la continuité assumée, une question s’impose : à quoi aura servi le coup d’État ?
Le calendrier politique récent semble esquisser une trajectoire paradoxale, où la promesse de renouveau se heurte à une réalité persistante : celle de la réapparition d’un appareil politique que l’on disait relégué au second plan. Faut-il s’en étonner ?

Novembre 2024 : le référendum constitutionnel

Lors du référendum constitutionnel, le PDG ne s’est pas contenté d’un soutien discret. Il s’est affiché au premier plan dans la campagne pour la « victoire du Oui », réinvestissant l’espace public avec une aisance remarquable.

Avril 2025 : la consolidation du pouvoir

La même dynamique se reproduit, non sans une certaine ironie, lors de la consolidation du pouvoir du CTRI. Une fois encore, le PDG se distingue en première ligne, contribuant activement à la « victoire de Brice Clotaire Oligui Nguema ».

Mai 2026 : l’inauguration du Palais des Congrès

Plus récemment, à l’occasion de l’inauguration du Palais des Congrès, cet appareil politique démontre à nouveau sa capacité de mobilisation. À l’inverse, l’Union démocratique des bâtisseurs, pourtant majoritaire dans les institutions, peine à susciter l’adhésion populaire.

Une interrogation centrale : quel sens pour le coup d’État ?

Face à cette omniprésence du PDG, une question fondamentale demeure : quel a été le véritable objectif du coup d’État d’août 2023 ?
Si celui-ci ne devait être qu’un simulacre de transformation, il conviendrait d’en tirer lucidement les conséquences.

Comme le rappelait Louis Antoine de Saint-Just avec une acuité toujours actuelle :
« Ceux qui font des révolutions à moitié ne font que se creuser un tombeau. Ce qui constitue une république, c’est la destruction de tout ce qui s’y oppose. »

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