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Gabon / Ndendé : une ville qui se construit, une jeunesse qui se débrouille


Gabon / Ndendé : une ville qui se construit, une jeunesse qui se débrouille

Derrière la place des fêtes à Ndendé jeudi 15 octobre 2026 Credit:© 2026 D.R./Le Radar

À Ndendé, dans le sud du Gabon, les chantiers avancent, mais les difficultés quotidiennes résistent. Du 15 au 17 octobre, Le Radar a parcouru cette ville paisible, relativement propre, où la vie chère, les coupures d’électricité, les problèmes d’approvisionnement en eau et le manque d’emplois assombrissent le quotidien. Plus préoccupant encore, des jeunes proposent leurs bras pour entretenir leur commune et disent attendre toujours une réponse de la mairie. Dans une ville où tant reste à faire, ceux qui demandent simplement à travailler peinent à se faire entendre.

 Une vie chère et des services défaillants

 

À Ndendé, le coût de la vie frappe durement les ménages. La baguette de pain se vend à 300 francs CFA, la demi-baguette à 150 francs et quatre tomates coûtent 500 francs. Le magasin de proximité Cecado, de CECA-GADIS, a fermé ses portes. Pour les familles aux revenus modestes, chaque dépense compte.

 
À ces difficultés s’ajoutent les défaillances des services essentiels. Des habitants évoquent au moins trois coupures d’électricité par jour. L’approvisionnement en eau connaît également des perturbations, parfois aggravées par les interruptions de courant.

 
Pour les ménages comme pour les petits commerçants, ces dysfonctionnements représentent une épreuve supplémentaire. À quoi servent les ambitions de développement lorsque l’électricité et l’eau deviennent des préoccupations de tous les jours ?

 

Des jeunes demandent du travail, la mairie reste silencieuse

 


Derrière l’ancien Cecado

 

C’est sans doute l’un des témoignages les plus révélateurs recueillis par Le Radar au cours de son séjour.

 
« Nous avons proposé à la mairie de nous embaucher pour débroussailler l’herbe aux abords des routes et nettoyer la ville. Cela nous permettrait de gagner quelque chose. Mais rien », confie un jeune habitant.

 
La demande a pourtant le mérite de la simplicité. Ces jeunes ne réclament ni privilèges ni emplois fictifs. Ils proposent d’accomplir des travaux utiles à la collectivité en échange d’une rémunération.

 
Débroussailler les accotements, nettoyer les espaces publics, entretenir les abords des routes : autant de tâches qui pourraient offrir des activités ponctuelles à une jeunesse en quête de revenus.

 
Le témoignage ne permet pas d’établir si la proposition a fait l’objet d’un examen officiel. Mais il appelle une explication de la municipalité. Pourquoi ces jeunes affirment-ils n’avoir reçu aucune réponse ? Existe-t-il un programme communal de travaux rémunérés ?

 
Dans une commune confrontée au chômage et au sous-emploi, laisser de telles initiatives sans réponse apparente serait un regrettable gâchis.

 

Habiter Ndendé, travailler ailleurs

L’immeuble administratif Pierre Mamboundou

 

Olam figure parmi les principaux employeurs cités localement. Mais les possibilités d’embauche demeurent insuffisantes aux yeux de plusieurs habitants rencontrés.

Certains doivent se rendre à Lébamba, dans le département de la Louetsi-Wano, pour travailler, tout en continuant à vivre à Ndendé.

 
Cette mobilité traduit une réalité préoccupante : la commune peine à offrir à une partie de sa jeunesse les moyens de gagner sa vie sur place.

 
Les entreprises présentes dans la région pourraient contribuer davantage à l’insertion professionnelle locale. Quant aux autorités municipales, elles disposent au moins d’un levier immédiat : favoriser, dans la limite de leurs moyens, les petits travaux d’intérêt collectif et encourager les initiatives créatrices de revenus.

Encore faut-il que l’emploi des jeunes devienne une priorité concrète.

 

Des chantiers, mais pour quelle amélioration du quotidien ?

 

Ndendé change de visage. Plusieurs chantiers témoignent d’une volonté de transformation qu’il serait injuste d’ignorer.

 
Mais une ville ne progresse pas uniquement au rythme des constructions. Ses habitants doivent aussi pouvoir constater des améliorations dans leur vie quotidienne.

 
À quoi bon multiplier les chantiers si les familles continuent de subir les coupures d’électricité, les difficultés d’accès à l’eau et la pression des prix ? Quelle satisfaction une jeunesse sans emploi peut-elle tirer des transformations de sa commune lorsqu’elle doit chercher ailleurs de quoi vivre ?

 
Les autorités locales ont tout intérêt à entendre ces préoccupations. La propreté des rues et les nouvelles infrastructures sont appréciables. Elles ne dispensent personne de répondre aux urgences sociales.

 
À Ndendé, des jeunes demandent du travail pendant que leur commune a besoin de bras pour son entretien. Ils ont déjà proposé une solution, aussi modeste soit-elle. Il appartient désormais à la mairie de leur répondre. Car une ville qui trouve de l’argent pour se construire devrait aussi chercher les moyens de faire travailler ses enfants.

 

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