Un procès devrait se tenir en Décembre prochain, a annoncé le site « asso-shera.org ». Credit:© 2026 D.R./Le Radar
Dans cette affaire, dont les premières informations judiciaires datent de 2023, Vincent Bolloré et deux anciens cadres du groupe Bolloré - Gilles Allix et Jean Philippe Dorent, sont renvoyés devant le Tribunal correctionnel pour des faits de corruption liés à l’attribution de la concession du port de Lomé, au Togo. Un procès devrait se tenir en Décembre prochain, a annoncé le site « asso-shera.org ».
Les faits reprochés remontent à la période 2009-2010. La filiale de communication Havas, contrôlée a l’époque par le groupe Bolloré, aurait fourni des prestations de conseil électoral très largement sous-facturées à Faure Gnassingbé, candidat à l’élection présidentielle togolaise. En contrepartie, le groupe Bolloré avait obtenu des conditions avantageuses pour la gestion du port de Lomé via Bolloré Africa Logistics.
En 2022, en cours de procédure, les associations Sherpa et Anticor se sont constituées parties civiles dans ce dossier. Leur objectif commun : rappeler l’importance de la tenue du débat public en matière de corruption transnationale et faire reconnaître la place des victimes dans ces procédures, les citoyens dont les droits démocratiques et économiques ont été compromis.
En février 2021, le groupe Bolloré a conclu avec le Parquet national financier de Paris, une Convention judiciaire d’intérêt public (CJIP) pour les mêmes faits et a accepté de verser une amende de 12 millions d’euros, reconnaissant ainsi sa responsabilité dans les pratiques de corruption au Togo et en Guinée.
Les associations attendent que ce procès permette d’établir les responsabilités individuelles, de reconnaître l’impact concret de ces pratiques sur les populations togolaises et, notamment, d’ouvrir la voie à des formes de réparations adaptées,qu’elles soient symboliques, institutionnelles ou matérielles.
Par Thierry Mocktar