Imagine illustrative Credit:© 2026 D.R./Le Radar
La décision du gouvernement gabonais de suspendre, pour six mois, les droits et taxes sur plusieurs produits de grande consommation s’inscrit dans un contexte de pression persistante sur le pouvoir d’achat des ménages.
Dans un pays fortement dépendant des importations, toute variation des coûts à l’entrée du territoire impacte directement les prix sur les étals.
Une réponse conjoncturelle à une problématique structurelle
Le Ministère de l’Économie, des Finances, de la Dette et des Participations mise sur un allègement fiscal temporaire pour faire baisser les prix de produits essentiels tels que le riz, les pâtes, la viande ou encore les matériaux comme le fer à béton, le ciment, le gravier et le sable etc.
En supprimant provisoirement les droits de douane, la TVA et la redevance de scanning (RDS), l’exécutif réduit mécaniquement les coûts d’importation.
Cependant, cette mesure demeure conjoncturelle.
La cherté de la vie au Gabon est en grande partie liée à une dépendance structurelle aux importations, à la faiblesse de la production locale et aux coûts logistiques élevés.
Sans réformes profondes visant à stimuler la production nationale et améliorer les circuits de distribution, l’impact risque d’être limité dans le temps.
Le communiqué du ministère
Un test pour la chaîne de distribution
L’efficacité réelle de la mesure dépendra du comportement des acteurs économiques.
Les importateurs, grossistes et détaillants sont appelés au respect strict des nouvelles dispositions.
Mais la question centrale reste celle de la répercussion effective de la baisse des charges sur les prix finaux.
Dans le passé, certaines mesures similaires n’ont pas toujours produit les effets escomptés, faute de mécanismes de contrôle suffisants.
L’annonce d’un numéro vert pour signaler les abus traduit la volonté des autorités de renforcer la surveillance, mais sa mise en œuvre sera déterminante.
Un impact budgétaire non négligeable
La suspension des taxes représente également un manque à gagner pour les finances publiques.
Dans un contexte où l’État doit concilier impératifs sociaux et équilibres budgétaires, cette décision constitue un arbitrage politique fort : privilégier le soutien immédiat aux ménages au détriment, temporairement, des recettes fiscales.
Une mesure à fort enjeu politique et social
Au-delà de son impact économique, cette décision possède une dimension sociale et politique importante. La lutte contre la vie chère est un sujet sensible au Gabon, régulièrement au cœur des préoccupations citoyennes. En agissant sur les produits alimentaires et les matériaux de construction, le gouvernement cible à la fois la consommation quotidienne et le coût du logement.
Reste à savoir si cette suspension de six mois ouvrira la voie à des réformes plus structurelles ou si elle constituera uniquement une réponse ponctuelle à une tension sociale persistante.
