Eddy Narcisse Minang Credit:© 2026 D.R./Le Radar
Le parquet général près la Cour d’appel judiciaire de Libreville change de direction. Eddy Narcisse Minang, procureur général près cette juridiction, fait l’objet d’une procédure disciplinaire qui pourrait aboutir à sa radiation du corps de la magistrature. Une magistrate hors hiérarchie, Thalie Obone Nguema-Edjo, a été désignée pour assurer l’intérim.
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Le sort d’Eddy Narcisse Minang en suspens
Réuni à huis clos mardi 25 août 2026 à Libreville, le Conseil de discipline de la magistrature a examiné plusieurs dossiers concernant des magistrats du siège et du parquet. Parmi eux, celui d’Eddy Narcisse Minang, figure connue du dispositif judiciaire gabonais et notamment des poursuites engagées contre Sylvia et Noureddin Bongo Valentin.
Déjà suspendu à titre conservatoire depuis juin 2026 par décision du ministre de la Justice, Augustin Émane, le magistrat fait désormais face à une proposition de radiation du corps de la magistrature. Selon les éléments communiqués, il disposerait de 15 jours pour exercer un recours contre cette décision disciplinaire.
Thalie Obone Nguema-Edjo prend les commandes par intérim
En attendant l’issue de la procédure, le parquet général près la Cour d’appel judiciaire de Libreville est désormais placé sous la responsabilité d’une intérimaire.
Thalie Obone Nguema-Edjo, magistrate hors hiérarchie, a été désignée pour assurer les fonctions de procureur général par intérim, en remplacement d’Eddy Narcisse Minang.
Cette nomination intervient dans un contexte de réorganisation de la magistrature, alors que plusieurs dossiers disciplinaires sont examinés par les instances compétentes.
Des griefs liés notamment aux détentions irrégulières
Au-delà du cas du procureur général, les travaux du Conseil de discipline portent sur plusieurs manquements présumés dans le fonctionnement de la justice.
Au cœur des dossiers examinés figureraient notamment des cas présumés de détentions irrégulières et de privations de liberté contraires aux prescriptions légales. Les investigations menées par l’Inspection générale des services judiciaires auraient ainsi relevé des situations dans lesquelles des citoyens auraient été maintenus en détention sans titre régulier, sans ordonnance valable ou au-delà des délais prévus par la loi.
Plusieurs magistrats du siège et du parquet sont concernés par ces procédures devant le Conseil de discipline du Conseil supérieur de la magistrature (CSM), compétent en matière disciplinaire conformément à l’article 146 de la loi n°040/2023 portant Statut des magistrats.
Une séquence qui interroge sur la gouvernance judiciaire
La suspension d’Eddy Narcisse Minang et la procédure disciplinaire engagée à son encontre interviennent dans une période où les autorités affichent leur volonté de renforcer la discipline et la responsabilité au sein de l’appareil judiciaire.
Des interrogations demeurent toutefois sur les faits précis reprochés au magistrat. Les éléments évoqués dans le cadre de cette procédure devront être établis par les instances compétentes, dans le respect des droits de la défense et des procédures prévues par la loi.
Les propositions formulées par le Conseil de discipline doivent être soumises au Conseil supérieur de la magistrature, qui devra les examiner et, le cas échéant, les entériner lors de sa prochaine réunion, sous la présidence du président du CSM, Brice Clotaire Oligui Nguema.
Pour l’heure, une nouvelle étape s’ouvre donc pour le parquet général de Libreville, désormais dirigé à titre intérimaire, tandis que le sort disciplinaire d’Eddy Narcisse Minang reste suspendu à l’issue des procédures en cours.