Le Maire de la commune de Libreville, Pierre-Mathieu Obame Etoughe, Credit:© 2026 D.R./Le Radar
Le cabinet du maire de la commune de Libreville, Pierre-Mathieu Obame Etoughe, compte désormais plus de 186 collaborateurs, répartis entre chargés de mission, conseillers politiques et conseillers techniques.
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Ces nominations, actées il y a quelques jours, s’appuient sur l’arrêté n°0028-1 du 18 juin 2014 portant réorganisation transitoire des services municipaux. Si une partie de ces désignations a été rendue publique, d’autres auraient été effectuées dans la plus grande discrétion. L’article 4 du texte précise d’ailleurs que « les autres nominations font l’objet d’une notification individuelle ».
Cette vague massive de recrutements suscite déjà de vives réactions. Pour de nombreux observateurs, la taille de ce cabinet menace d’alourdir considérablement la masse salariale et les charges sociales de l’hôtel de ville, alors que les populations locales subissent de plein fouet la crise économique.
Certains analystes y voient un retour aux pratiques de l’ancien maire, Léandre Nzue, qui avait publiquement admis, lors d’une conférence de presse, le 18 juin 2020 : « Je suis Pédégiste. C’est grâce à Ali Bongo que je suis là. Les gens qui ont été embauchés, ils se reconnaissent. Ils considèrent que c’est Ali Bongo qui leur a donné du travail. Ça me fait déjà un électorat sûr ». Les mauvaises habitudes, on le voit, ont la peau dure dans notre pays.
Quelques nominations du cabinet du Maire de Libreville
Face à cette liste jugée « pléthorique », une question s’impose : s’agit-il de nominations techniques essentielles au fonctionnement de la cité ou de simples récompenses politiques ?
« On pensait avoir changé d’époque, mais le sentiment dominant est celui d’un recul, voire d’une aggravation des anciennes méthodes », confie un observateur averti.
Par ailleurs, les Gabonais s’interrogent sur l’utilité réelle de ces effectifs au regard des priorités de la capitale. Entre l’insalubrité persistante, la dégradation avancée des voiries, l’obstruction des caniveaux et les défaillances de l’éclairage public, les chantiers ne manquent pas. Pourtant, l’image de l’institution reste écornée : « Le seul moment où l’on remarque la mairie, c’est quand des agents municipaux en gilets fluorescents viennent persécuter les transporteurs et les commerçants », déplore un citoyen sous anonymat.
Enfin, des voix critiques rappellent que la municipalité ne saurait se substituer à l’État pour résorber le chômage : « Ce n’est pas le rôle d’une mairie de pallier les carences des politiques publiques nationales en matière d’emploi. »
