Gabon : Une nouvelle coalition de l’opposition face aux « dérives » de la Cinquième République
Les partis politiques membres de la CNR au cours de la déclaration commune le samedi 7 mars 2026 à la Chambre de Commerce de Libreville Credit:© 2026 D.R./Le Radar
Au Gabon, la recomposition du paysage politique s’accélère. Plusieurs formations de l’opposition ont annoncé l’officialisation prochaine de la création d’une alliance stratégique visant à dénoncer ce qu’elles qualifient de dérives de gestion sous la présidence de Brice Clotaire Oligui Nguema.
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Cette initiative pourrait redéfinir les rapports de force dans un pays toujours en quête de stabilité après la période de transition.
La coalition réunit des figures de proue de la scène politique, notamment les membres de la CNR représentés par Vincent Moulengui Boukossou, Benoît Mouity Nzamba et Francis Hubert Aubame. Ils sont rejoints par Michel Ongoundou Loundah, président de REAGIR, ainsi qu’Alain-Claude Bilie-By-Nze, président d’EPG.
Photo de famille à la Chambre de Commerce
Réunis à la Chambre de commerce de Libreville le samedi 7 mars 2026, ces leaders ont affiché leur volonté de structurer un discours commun. Alors que l’opposition apparaissait fragmentée depuis la fin de la transition, ce nouveau front cherche désormais à peser de manière unifiée dans le débat national.
Un réquisitoire contre l’action gouvernementale
Lors d’une déclaration musclée, les chefs de file de l’alliance ont dressé un bilan sans concession de l’action publique. Santé, éducation, économie, accès à l’eau et à l’énergie, ou encore coût de la vie : chaque secteur a été passé au crible pour illustrer les carences du pouvoir actuel.
Les opposants ont particulièrement fustigé les projets immobiliers de prestige sur le littoral librevillois, y voyant le symbole d’une politique budgétaire déconnectée des urgences sociales. Selon eux, l’État devrait prioriser le logement social, les infrastructures de base et la prise en charge sanitaire. L’accent a également été mis sur le chômage endémique des jeunes et l’inflation galopante des produits de première nécessité, deux facteurs majeurs de précarité pour les ménages gabonais.
Le débat sur les priorités budgétaires
Au cœur des griefs de la coalition figure la répartition des deniers publics. L’alliance déplore que les budgets alloués aux forces de défense et de sécurité soient les plus élevés du pays, juste après celui de la présidence de la République.
Pour Benoît Mouity Nzamba, cette orientation budgétaire est un choix politique révélateur des priorités de la Vᵉ République, au détriment du développement humain et social.
Justice et mémoire : le spectre de 2016
Enfin, l’alliance a rouvert un dossier sensible : les violences post-électorales de 2016. Portés par Alain-Claude Bilie-By-Nze et Michel Ongoundou Loundah, les appels à la manifestation de la vérité se multiplient, alimentés par de récentes révélations dans la presse internationale, notamment le magazine Marianne. Pour la coalition, l’instauration d’un mécanisme de « justice, vérité et réconciliation » reste un préalable indispensable à une paix sociale durable au Gabon.
