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Gabon / Libreville : des centaines de familles toujours privées de relogement après les déguerpissements


Gabon / Libreville : des centaines de familles toujours privées de relogement après les déguerpissements

Une zone à Libreville où vivent certains déguerpis Credit:© 2026 D.R./Le Radar

Malgré les promesses du gouvernement, les familles déguerpies des quartiers autour de l’ambassade de Chine et d’autres zones de Libreville continuent de vivre dans des conditions précaires, sans solution de relogement. La situation est de plus en plus désespérée.

Près d’un an après les opérations de démolition menées entre mai et juillet 2025, les populations déguerpies des zones situées autour de l’ambassade de Chine, du carrefour Mackjoss, des ambassades du Liban et de Russie, ainsi que du quartier derrière Mbolo, plongent dans une précarité extrême.

« Nous vivons dans des conditions très difficiles, inhumaines et humiliantes » , témoigne Koumba Moussavou Arnauld, représentant du Collectif des familles non relogées, contacté par notre rédaction le 18 avril 2026.

« Lorsque nous avions nos maisons, certains d’entre nous étaient même en mesure de payer des loyers. Aujourd’hui, nous avons tout perdu. »

Comme plusieurs sinistrés, l’actuel représentant du collectif affirme avoir perdu non seulement son logement, mais aussi ses outils de travail lors des opérations de déguerpissement. Une situation qui, selon lui, le contraint à repartir de zéro.

Faute de solutions de relogement, certaines familles survivent grâce à la solidarité de leurs proches, tandis que d’autres continuent de vivre dans des conditions précaires, marquées par un stress permanent.

Selon le collectif, plusieurs démarches ont été entreprises auprès des autorités compétentes, sans résultat. « Il y a trois mois, nous avons déposé des courriers auprès de différentes administrations. Il y a trois semaines, nous avons été reçus par des collaborateurs du vice-président de la République et du gouvernement, mais aucune suite concrète n’a été donnée », déplore le représentant.

Le collectif évoque également des irrégularités dans le processus de relogement. « On nous avait annoncé une seconde vague en janvier et février, mais rien n’a été fait. Lors de la première phase, qui a eu lieu en août 2025, il y aurait eu des injustices dans l’attribution des logements » , affirme Koumba Moussavou Arnauld.
Plus grave encore, des accusations de favoritisme sont avancées. « Certains responsables auraient procédé à des arrangements dans la distribution des maisons. Des critères politiques auraient même influencé l’accès aux logements » , soutient-il.

D’après les chiffres avancés par le collectif, environ 1300 familles seraient concernées par ces déguerpissements. À ce jour, seules 200 auraient été relogées.

Face à cette situation, le Collectif des familles non relogées annonce la préparation d’une sortie médiatique afin d’alerter l’opinion publique et interpeller les autorités.

Presque un an après les destructions, pour de nombreux déguerpis, l’attente d’une solution durable se prolonge, souvent à la belle étoile.

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