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Gabon / Gyrielle Kogou Boukinda : une femme au cœur de la menuiserie funéraire, elle fabrique des cercueils et bouscule les préjugés


Gabon / Gyrielle Kogou Boukinda : une femme au cœur de la menuiserie funéraire, elle fabrique des cercueils et bouscule les préjugés

Gyrielle Kogou Boukinda, dans un atelier Credit:© 2026 D.R./Le Radar

À 31 ans, Gyrielle Kogou Boukinda s’impose dans un univers encore largement masculin : la menuiserie-ébénisterie, avec une spécialisation particulière dans la fabrication de cercueils. Entre passion du métier, rigueur du travail et volonté de briser les stéréotypes, elle incarne une nouvelle génération de femmes qui réinventent les métiers dits « d’hommes ». Un parcours inspirant à découvrir.

Nous tenons à préciser qu’il est strictement interdit de prendre des photos avec les cercueils. Cependant, nous disposons d’autres images d’elle lorsqu’elle travaillait dans le mobilier.

Un parcours forgé dans le bois

Menuisière-ébéniste de formation, Gyrielle Kogou Boukinda exerce depuis deux ans. Elle a fait ses débuts à La Maison du Meuble, où elle travaillait sur la fabrication de mobilier classique : chaises, tables, lits ou encore bureaux. Depuis un mois, elle a rejoint l’entreprise Casep-Ga à Libreville, où elle s’est spécialisée dans la menuiserie funéraire, un domaine aussi technique que sensible.

Dans son quotidien, elle manipule différentes machines, rabote, dégauchit, scie, ponce et assemble des pièces de bois. Elle intervient également dans le montage de meubles, y compris ceux importés.

Un choix assumé dans un milieu masculin

Si elle a choisi ce métier, c’est avant tout pour briser les stéréotypes.

« Peu de femmes s’intéressent aux métiers dits réservés aux hommes. Je voulais me démarquer et montrer que nous avons aussi notre place dans ces domaines » , confie-t-elle.
À travers son parcours, elle entend envoyer un message fort à la jeunesse féminine gabonaise : celui de l’audace et de la légitimité.

Entre reconnaissance et défis quotidiens

Dans un atelier structuré autour de plusieurs secteurs, menuiserie, vernissage, tapisserie, fleuristerie et impression des croix, Gyrielle est la seule femme.
Si elle affirme se sentir valorisée et encouragée, la réalité du terrain reste exigeante. Le manque d’infrastructures adaptées, notamment des vestiaires et sanitaires séparés, complique son quotidien. À cela s’ajoutent des équipements souvent conçus pour des morphologies masculines, rendant le travail plus contraignant.

Malgré tout, elle garde le cap : « Chaque jour est un défi. Je dois constamment prouver mes compétences. »

Des conditions à améliorer

Face à ces difficultés, elle plaide pour des améliorations concrètes :

mise à disposition d’équipements de protection adaptés aux femmes, outils plus ergonomiques, espaces personnels sécurisés et promotion de binômes mixtes pour favoriser l’intégration.

Un métier de précision et de dignité

Loin des préjugés, la menuiserie funéraire est, selon elle, un métier noble.
« Il n’y a rien de sale ni de non féminin. C’est un travail de précision, de respect et de sens. Nous offrons aux familles la dernière belle chose pour leurs proches » , explique-t-elle.

Un appel aux femmes et aux autorités

À celles qui hésitent encore, Gyrielle lance un message sans détour :

oser franchir les portes des ateliers et croire en leurs capacités. Elle interpelle également les autorités gabonaises. Selon elle, la menuiserie funéraire reste absente des campagnes de promotion des métiers artisanaux, notamment auprès des femmes.
« Les jeunes filles ne peuvent pas rêver de métiers qu’elles ne voient jamais », insiste-t-elle.

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