Gabon : Bilie-By-Nze toujours détenu, ses conditions d’incarcération suscitent des interrogations
L’ancien premier ministre Alain-Claude Bilie-By-Nze. Credit:© 2026 D.R./Le Radar
Près de deux mois après son arrestation, l’ancien Premier ministre gabonais Alain-Claude Bilie-By-Nze demeure en détention préventive à la prison centrale de Libreville. Incarcéré depuis le 15 avril dans le cadre d’une affaire d’escroquerie et d’abus de confiance remontant à 2008, l’opposant au président Brice Clotaire Oligui Nguema fait l’objet d’une surveillance étroite.
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Selon des informations rapportées par Jeune Afrique, les conditions de détention de l’ancien chef du gouvernement soulèvent plusieurs interrogations. À son arrivée à la prison centrale, il aurait été placé dans l’une des annexes les plus sécurisées de l’établissement pénitentiaire, dans une cellule individuelle sans fenêtre.
« Il était enfermé dans le noir total » , confie l’un de ses proches au magazine. Durant cette période, seuls quelques membres de sa famille ainsi que ses avocats ont pu lui rendre visite.
Toujours selon la même source, Alain-Claude Bilie-By-Nze se serait vu confisquer ses lunettes dès son incarcération. Une mesure qui rappellerait le précédent de Noureddin Bongo-Valentin, lequel avait réussi à introduire des lunettes équipées d’une caméra lors de sa détention.
Depuis début juin, l’ancien Premier ministre aurait toutefois été transféré dans une cellule offrant de meilleures conditions, notamment la présence d’une fenêtre. S’il demeure privé de sorties, il a désormais accès à des ouvrages littéraires. En revanche, les essais politiques et les journaux lui seraient interdits.
Au 9 juin, Alain-Claude Bilie-By-Nze était toujours maintenu à l’isolement. D’après des proches, il aurait néanmoins été déplacé dans le même quartier pénitentiaire que l’ancien ministre du Tourisme et de l’Artisanat, Pascal Ogowe Siffon.
Sur le plan judiciaire, les avocats de l’ancien Premier ministre continuent de contester la procédure. Ils estiment que les faits reprochés relèvent du droit civil et seraient, de surcroît, prescrits. Une demande de nullité de procédure introduite par la défense a toutefois été rejetée le 2 juin par la chambre d’accusation.
« La décision a été rendue hors délai. La nullité aurait dû être constatée et entraîner sa libération » , soutient l’un de ses conseils cité par Jeune Afrique.
De leur côté, les autorités gabonaises n’ont pas réagi aux critiques formulées concernant les conditions de détention de l’ancien Premier ministre. Interrogé sur cette affaire par France 24 le 2 juin, le président Brice Clotaire Oligui Nguema a affirmé qu’il s’agissait d’une « affaire privée » qui ne le « concerne pas ».
Alors que ses partisans dénoncent une procédure à caractère politique destinée à affaiblir l’opposition, le pouvoir continue de défendre l’indépendance de la justice dans ce dossier.