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Pierre Wilfried Okoumba « Kamitatu Lénine d’Andjogo » : retour au Gabon sous fond de controverse


Pierre Wilfried Okoumba « Kamitatu Lénine d’Andjogo » : retour au Gabon sous fond de controverse

Wilfried Okoumba « Kamitatu » au micro de Gabon 24 à son arrivée à Libreville. Capture d’écran Facebook Credit:© 2026 D.R./Le Radar

À peine rentré au pays, l’activiste Pierre Wilfried Okoumba, connu sur les réseaux sociaux sous le pseudonyme de « professeur Kamitatu Lénine d’Andjogo », se retrouve déjà au centre de nombreuses réactions et polémiques au sein du microcosme sociopolitique gabonais.

Très présent sur les réseaux sociaux depuis plusieurs années, Pierre Wilfried Okoumba s’est fait connaître par la diffusion régulière d’enregistrements audio dans lesquels il commentait l’actualité politique et, parfois, mettait en cause de nombreuses personnalités publiques. Ses interventions, souvent virulentes, visaient aussi bien des responsables politiques que des acteurs de la société civile, y compris certaines personnalités de l’entourage du président de la République. Son arrivée au Gabon intervient après son éloignement du territoire français. Selon plusieurs sources concordantes, Wilfried Okoumba faisait l’objet d’une obligation de quitter le territoire français (OQTF).

Il aurait récemment été interpellé à la suite d’un contrôle de police, placé en centre de rétention administrative, avant d’être expulsé vers le Gabon.
Les circonstances exactes de cette interpellation continuent toutefois d’alimenter les discussions. Plusieurs versions circulent sur les réseaux sociaux, certaines situant le contrôle dans le secteur de la Gare du Nord, à Paris. Des proches de l’activiste avancent l’hypothèse qu’il aurait été « piégé », sans toutefois produire d’éléments permettant d’étayer cette affirmation. Dès son arrivée au Gabon, Pierre Wilfried Okoumba fait déjà l’objet de premières réactions publiques. Le président du Conseil économique, social, environnemental et culturel, Guy-Bertrand Mapangou, a publié un message laissant entendre qu’il pourrait engager des démarches judiciaires, sans citer explicitement l’activiste. En creux, cette publication laisse comprendre qu’il envisage de saisir la justice.

Le sénateur Marc Ona Essangui s’est également exprimé sur sa page Facebook. Il a notamment critiqué l’interview accordée par Pierre Wilfried Okoumba à la télévision nationale, dénonçant ce qu’il qualifie de « mascarade » et s’interrogeant sur les conditions dans lesquelles cette séquence médiatique a été organisée. Les réactions ne se limitent pas aux personnalités directement mises en cause par l’activiste. L’avocat et homme politique Ange Kevin Nzigou, par ailleurs l’un des principaux coordinateurs de la campagne présidentielle de Brice Clotaire Oligui Nguema, a lui aussi réagi sur sa page Facebook. Dans une publication intitulée « Kamitatou et ses atouts », il soutient que le retour de Pierre Wilfried Okoumba ne résulterait pas d’un choix volontaire mais de son éloignement du territoire français en raison de sa situation administrative. Il s’interroge également sur ce qu’il présente comme un revirement de l’activiste, faisant observer que celui-ci affiche désormais son soutien au président de la République alors qu’il l’aurait auparavant vivement critiqué par le passé. L’avocat avance enfin l’hypothèse selon laquelle cette nouvelle posture pourrait s’inscrire dans une stratégie visant à construire un récit favorable autour de son retour.

Ces premières réactions laissent entrevoir la possibilité de nouvelles procédures judiciaires. Plusieurs personnalités ayant été mises en cause dans les publications de l’activiste pourraient décider de saisir les juridictions compétentes si elles estiment avoir été victimes de diffamation, d’injures ou d’autres infractions prévues par la loi. Pierre Wilfried Okoumba n’en serait d’ailleurs pas à son premier contentieux judiciaire. L’année dernière, alors qu’il résidait encore en France, il avait fait l’objet de poursuites pour diffamation engagées par l’ancien directeur général de la Documentation et de l’Immigration, le général Bernard Gnamankala.

Dans ce contexte, son arrivée au Gabon ouvre une nouvelle séquence dont les développements pourraient se jouer aussi bien sur le terrain médiatique que devant les juridictions.

RDB

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