Gabon / SEEG-Karpowership : 30 milliards de francs CFA pour apaiser la crise énergétique
Image illustrative Credit:© 2026 D.R./Le Radar
Selon Africa Intelligence, en date d’aujourd’hui, un prêt de l’État gabonais permet à la SEEG (Société d’Énergie et d’Eau du Gabon) de verser cette semaine 30 milliards de francs CFA au producteur d’électricité turc Karpowership, réduisant ainsi une partie de ses arriérés.
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L’opérateur public d’électricité procédera à un premier remboursement de ses dettes envers Karpowership, montant à 30 milliards de francs CFA (45 millions d’euros). Ce paiement partiel vise à alléger une dette importante accumulée par la SEEG, qui alimente depuis 2025 une partie de Libreville via ses centrales flottantes.
Ce règlement devrait permettre à la SEEG, sous la direction de Steeve Saurel Legnongo, d’apaiser les tensions avec son prestataire turc. Ce contrat, signé pendant la transition pour améliorer l’approvisionnement en électricité de Libreville, est perçu comme coûteux par l’État gabonais et n’a pas répondu aux attentes locales.
De son côté, Karpowership, agacé par les retards de paiement, avait menacé de suspendre la production d’électricité début avril, mettant ainsi la pression sur la SEEG.
Prêt relais et levée de titres publics
Ce versement a été rendu possible grâce à un prêt relais de l’État, financé par une levée de titres publics sur le marché obligataire local. L’opération a été orchestrée par le groupe financier congolais L’Archer. La SEEG travaille désormais à obtenir un crédit pour rembourser l’État.
Afin de sécuriser cette opération, l’opérateur a dû certifier ses comptes pour les exercices 2019-2025. Bien que confronté à des contraintes budgétaires, l’État intervient pour permettre à la SEEG de bénéficier de meilleures conditions de financement.
Un dossier sensible suivi par le président
Le dossier, particulièrement sensible, a été suivi de près par le président Brice Clotaire Oligui Nguema, qui entend désamorcer les tensions avec Karpowership et mettre fin aux délestages, qui ternissent l’image du gouvernement.
Une situation financière complexe et un réseau vieillissant
Avec un endettement estimé à plus de 150 milliards de francs CFA (229 millions d’euros), la SEEG fait face à un réseau vieillissant, un sous-investissement chronique et une gestion opaque. La qualité du service se dégrade chaque mois, et l’opérateur peine à sortir de cette crise.
Rappelons qu’en mars dernier, Karpowership Global DMCC (KPS) avait annoncé sa décision de suspendre complètement sa production d’électricité à partir du 31 mars, affectant une capacité de 150 MW destinée à la zone de Libreville Sud. Cette décision marquait la fin d’une période de négociations houleuses.
L’opérateur turc avait également souligné que les paiements de la SEEG étaient insuffisants pour maintenir la production. Le versement de 5 milliards de FCFA avait été jugé trop faible pour couvrir les obligations opérationnelles, entraînant des tensions financières. Karpowership avait alors exigé un paiement immédiat de 15 milliards de FCFA pour éviter l’arrêt des machines.