André Poko Credit:© 2026 D.R./Le Radar
Après plus de quinze saisons au plus haut niveau et 71 sélections avec les Panthères du Gabon, André Poko se livre sur sa carrière, son choix de poursuivre l’aventure en Turquie, l’arrivée du nouveau sélectionneur des Panthères et la décision de Pierre-Emerick Aubameyang de prendre du recul avec l’équipe nationale. Le milieu de terrain évoque également les ambitions du Gabon pour la CAN 2027 et n’exclut pas, à terme, un retour au pays.
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Dans cet entretien accordé au Radar, l’ancien joueur de l’USB revient avec franchise sur son parcours et sur cette période particulière de sa carrière, où chaque match semble désormais avoir une saveur particulière.
Leradar : Bonjour Poko, comment allez-vous ?
Poko : « Je vais bien, merci. Je continue de travailler, de savourer le plaisir du jeu et d’apprécier chaque instant offert par le football. Après plus de quinze saisons, on porte un regard différent sur les choses. »
Leradar : Vous avez renouvelé votre contrat avec Sarıyer SK, en deuxième division turque, malgré d’autres offres. Pourquoi ce choix ?
Poko : « J’ai eu d’autres opportunités, mais j’ai opté pour la continuité et la stabilité. À Sarıyer, j’ai trouvé un club qui croit en moi, un groupe où je me sens bien et des personnes qui m’ont fait confiance. À un moment donné dans une carrière, le choix dépasse le simple nom du club ou l’aspect financier. C’est une question de projet, de confiance, de stabilité familiale et de plaisir de jouer. Pour toutes ces raisons, j’avais aussi envie de rendre cette confiance au club. »
Leradar : Avec un bon début de saison comme titulaire, quelles sont vos ambitions cette année ?
Poko : « Mon ambition principale est de rester performant et disponible pour l’équipe. À ce stade de ma carrière, je ne me fixe plus d’objectifs individuels. Je veux être utile à l’équipe. Nous souhaitons bien figurer dans le championnat, viser haut et voir jusqu’où nous pouvons aller. La saison est longue, il faut rester humble, travailler dur et surtout être régulier. »
Leradar : Un nouveau sélectionneur a pris les rênes du Gabon. Quel est votre avis ?
Poko : « Je connais son parcours et je respecte le choix qui a été fait. Il apporte ses idées et son expérience, avec certainement une vision pour l’équipe nationale. Quant à nos échanges, je préfère qu’ils restent privés. Il est essentiel aujourd’hui de lui donner le temps de mettre en œuvre ses projets. La sélection a besoin de stabilité et de cohésion. Partout dans le monde, l’arrivée d’un nouveau sélectionneur signifie souvent une nouvelle dynamique, mais ce sont les résultats qui parleront. »
Leradar : Les éliminatoires de la CAN 2027 approchent. Quelles sont les perspectives pour le Gabon ?
Poko : « On ne devrait pas se focaliser uniquement sur le Maroc et le Gabon. Le Niger et le Lesotho méritent aussi du respect. Les qualifications se gagnent souvent lors des matchs supposés faciles. Le Gabon dispose de qualités et de joueurs performants. Avec une équipe unie, disciplinée et humble, le Gabon a toutes les chances de se qualifier. »
Leradar : Qu’avez-vous pensé du recul d’Aubameyang par rapport à l’équipe nationale ?
Poko : « Je respecte sa décision, car elle est très personnelle. Lui seul connaît son ressenti et ses besoins actuels. Aubameyang a beaucoup apporté au football gabonais, avec ses buts et ses sacrifices. Il a marqué l’histoire et contribué à l’image qu’il donne du Gabon à travers sa carrière. En annonçant prendre du recul sans fermer totalement la porte à un retour, il importe de respecter son choix. »
Leradar : Un mot sur Mangasport en Coupe d’Afrique contre African Stars. Quelles sont leurs chances ?
Poko : « Je souhaite beaucoup de succès à Mangasport. En compétition africaine, ils représentent tout le Gabon, pas seulement leur club. African Stars est un adversaire respectable et Mangasport devra faire la différence par la concentration et l’intensité. J’espère qu’ils iront loin, en montrant que notre football est capable de progresser sur la scène continentale. »
Leradar : Pourriez-vous terminer votre carrière au Gabon, par exemple à l’USB ?
Poko : « Après plus de quinze saisons professionnelles, le football m’a appris qu’il n’y a rien de définitivement acquis. Ni une place en club, ni une sélection, ni même la reconnaissance. Tant que j’aurai la possibilité d’entrer sur un terrain, je continuerai à travailler avec la même motivation.
Je suis peut-être plus proche de la fin que du début, c’est une réalité, mais cela signifie que chaque match a encore plus de valeur aujourd’hui.
Je ne cherche plus à prouver que j’ai eu une carrière. Je veux simplement qu’au moment où elle s’arrêtera, on puisse dire qu’André Poko est resté fidèle à lui-même jusqu’au dernier match : un joueur qui travaille, se bat et respecte le maillot qu’il porte. »
Par Ismaël Yatoumba