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Gabon : 2,8 milliards de dollars échappent au fisc en 2024


Gabon : 2,8 milliards de dollars échappent au fisc en 2024

Image illustrative ( Leradar.ga) Credit:© 2026 D.R./Le Radar

L’évasion fiscale continue de peser lourdement sur les finances publiques gabonaises. Selon Sika Finance, elle aurait coûté environ 2,8 milliards de dollars en 2024, soit près de 1 591,8 milliards de FCFA, d’après des estimations de la Banque africaine de développement (BAD).

Cette perte intervient dans un contexte déjà tendu, marqué par une pression fiscale moyenne de 11,9 % entre 2015 et 2024, un déficit budgétaire de 3 % du PIB et une dette avoisinant 75 % du PIB.

Pour la BAD, le problème est structurel. Au-delà de la volatilité des revenus pétroliers, une part importante des recettes échappe aux caisses de l’État, limitant ainsi le financement des services publics et renforçant la dépendance aux financements extérieurs.

Le rapport pointe un cadre juridique et opérationnel dépassé, inadapté aux pratiques financières modernes. Les mécanismes d’évitement fiscal, de plus en plus sophistiqués, exploitent les failles d’un système encore peu coordonné et insuffisamment outillé.

Les institutions de contrôle, telles que la Cour des comptes ou les administrations fiscales, font face à des capacités limitées pour traquer les flux financiers dissimulés, notamment à l’international.
Parmi les solutions évoquées figurent le renforcement des audits, l’automatisation du recouvrement, l’échange d’informations fiscales avec l’étranger et un encadrement plus strict des prix de transfert.

Les industries extractives sont particulièrement concernées. Le Gabon obtient un score de 30/100 en matière de transparence sur la propriété effective, un indicateur révélateur des risques de détournement dans ce secteur stratégique.

Selon la BAD, une meilleure récupération des recettes perdues permettrait de réduire le recours à l’endettement et d’améliorer durablement les finances publiques.

L’institution recommande notamment la mise en place d’un registre public des bénéficiaires effectifs, un contrôle renforcé des concessions minières et pétrolières, ainsi que des audits ciblés dans les secteurs à risque.

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