Gabon : la BAD entrevoit une reprise économique, mais alerte sur la dette et le chômage
Pour les deux prochaines années, la BAD mise sur une reprise progressive, portée par les secteurs de la construction, de l’agriculture, de l’industrie (Image IA) Credit:© 2026 D.R./Le Radar
Dans son rapport African Economic Outlook 2026, la Banque africaine de développement (BAD) livre un diagnostic nuancé de l’économie gabonaise. Si une légère accélération de la croissance est attendue cette année, l’institution estime que le pays demeure confronté à des déséquilibres budgétaires, un endettement préoccupant et un chômage élevé qui freinent son développement.
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Le Gabon entrevoit une embellie économique, mais les fragilités structurelles demeurent. C’est le principal enseignement du rapport African Economic Outlook 2026 publié par la Banque africaine de développement (BAD), qui prévoit une croissance de 3 % en 2026, après un ralentissement à 2,7 % en 2025.
L’an dernier, l’activité économique a souffert du recul de plusieurs secteurs clés. La production pétrolière, minière et forestière s’est contractée, tout comme les transports. Ces contre-performances ont toutefois été partiellement compensées par le dynamisme du bâtiment et des travaux publics, de l’industrie manufacturière et des services, soutenus par une hausse des investissements publics et de la consommation.
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Lien du rapport
Si l’inflation est restée maîtrisée à 1,8 %, la situation des finances publiques continue de susciter des inquiétudes. Le déficit budgétaire s’est creusé à 5,3 % du PIB, tandis que la dette publique atteint désormais 78,9 % du PIB. Cette dégradation des équilibres financiers a d’ailleurs conduit à un nouvel abaissement de la note souveraine du Gabon en décembre 2025.
Sur le plan social, les progrès restent limités. Le taux de pauvreté a légèrement augmenté pour atteindre 33,1 %, alors que le chômage demeure élevé à 20,2 %. Les jeunes et les femmes restent les catégories les plus touchées, avec des taux respectifs de 36,3 % et 28,6 %.
Pour les deux prochaines années, la BAD mise sur une reprise progressive, portée par les secteurs de la construction, de l’agriculture, de l’industrie agroalimentaire et des services. L’institution estime également que la création d’une centrale d’achat pourrait contribuer à limiter les tensions sur les prix des produits importés.
Mais cette reprise reste conditionnée à plusieurs facteurs. La Banque évoque notamment les risques liés aux tensions sociales, à l’alourdissement des dépenses publiques, à la volatilité des cours du pétrole, aux tensions géopolitiques internationales ainsi qu’aux effets du changement climatique.
Au-delà des perspectives de croissance, la BAD insiste sur l’urgence d’accélérer les réformes économiques. L’institution recommande au Gabon de restaurer les équilibres macroéconomiques afin d’améliorer sa crédibilité auprès des investisseurs et des partenaires financiers. Elle préconise également l’organisation d’une table ronde des bailleurs de fonds pour soutenir le financement du Plan national de croissance et de développement 2026-2030, tout en encourageant le recours à des financements innovants, notamment les partenariats public-privé, les obligations vertes et bleues ou encore les crédits carbone.
Pour la BAD, la réussite de cette stratégie passera aussi par une accélération de la numérisation de l’administration afin de renforcer la mobilisation des recettes publiques, de lutter contre la fraude et de soutenir le développement du système financier national.