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Gabon : un remaniement pour que rien ne change


Gabon : un remaniement pour que rien ne change

Michel Ongoundou Loundah Credit:© 2026 D.R./Le Radar

Annoncé ce dimanche 11 octobre 2026, le remaniement gouvernemental gabonais ressemble davantage à un jeu de chaises musicales qu’à un véritable changement de cap. Derrière les quelques fauteuils redistribués, l’immobilisme demeure. Un remaniement pour que rien ne change, comme le souligne Michel Ongoundou Loundah dans cette tribune.

Un remaniement pour que rien ne change

 

 

Il fallait bien choisir un dimanche pour annoncer un événement qui n’en est pas un.

Le remaniement gouvernemental rendu public ce 11 octobre 2026 ressemble à s’y méprendre à un exercice de redistribution des fauteuils ministériels. Quelques déplacements, des ajustements de portefeuilles, mais rien qui laisse entrevoir une inflexion de la politique gouvernementale ou une nouvelle impulsion dans la conduite des affaires publiques.

Le seul changement véritablement notable concerne l’Éducation nationale. Et quel changement ! Remplacer la ministre en charge de ce département en pleine année scolaire, alors que les difficultés du système éducatif exigent continuité, cohérence et visibilité, relève d’une logique dont on aimerait connaître les ressorts.

Pour le reste, le jeu des chaises musicales tient lieu de remaniement. Les mêmes acteurs poursuivent sensiblement la même partition, dans un pays où les urgences s’accumulent et où les résultats se font attendre.

 

 

Dans son roman Le Guépard, Giuseppe Tomasi di Lampedusa fait dire à l’un de ses personnages : « Si nous voulons que tout reste tel que c’est, il faut que tout change. »

La formule semble avoir été écrite pour ce gouvernement. À ceci près que, cette fois, même le changement relève de la fiction.

Ce remaniement révèle surtout une difficulté grandissante à insuffler du mouvement à une équipe dont on peine déjà à discerner le cap. Après les promesses de rupture, les proclamations de renouveau et les effets d’annonce à répétition, voici venu le temps de l’immobilisme.

Le plus inquiétant est peut-être là : ce pouvoir donne déjà des signes d’essoufflement.

À force de confondre mouvement et action, changement a minima de personnes et changement de politique, on finit par donner le spectacle d’un gouvernement qui tourne sur lui-même.

Un remaniement dominical, quelques fauteuils déplacés et, dès lundi, le même pays confronté aux mêmes problèmes. 

 

 Michel Ongoundou Loundah

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