Lutte contre la piraterie maritime : sécuriser la Zone économique exclusive, un impératif pour le Gabon
Les membres de l’unité de sécurité maritime du Nigeria se préparent à aborder un vaisseau lors d’un exercice anti-piraterie (Reuters) Credit:© 2026 D.R./Le Radar
La énième attaque pirate, ayant entraîné une prise d’otages dans la nuit du 10 au 11 janvier aux larges des côtes gabonaises, relance le débat sur la sécurisation de la Zone économique exclusive (ZEE) du Gabon.
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Un véritable défi pour les pouvoirs publics.
Cette voie maritime, stratégique pour les échanges dans le Golfe de Guinée et pour le commerce international, est l’une des plus fréquentées par les navires commerciaux. Son insécurité pourrait avoir des conséquences économiques lourdes, tant pour le Gabon que pour les autres États de la région :
fragilisation ou diminution de la production halieutique, baisse du trafic marchand, réduction de l’exploitation énergétique (gaz, pétrole), entre autres.
Dans ce contexte, le Gabon doit offrir aux investisseurs, actuels et potentiels, des garanties solides quant à la sécurité de leurs activités.
Face à la recrudescence de ces attaques armées en mer , la huitième du genre en quelques années , la question de la sécurisation de la façade maritime gabonaise devient urgente. Le renforcement du système de sécurité maritime existant apparaît donc comme une priorité.
Depuis les premières alertes, les autorités gabonaises ont investi pour doter les forces de sécurité et de défense de moyens adaptés à la lutte contre la piraterie : embarcations, systèmes de surveillance radar, etc. Ces moyens sont-ils insuffisants ? Mal déployés ? Ou tout simplement sous-utilisés ? Telle est la question centrale, d’autant que le Gabon se rapproche dangereusement de la « liste noire » des pays à risque pour la navigation commerciale.
Synergie des efforts
La sécurisation de la ZEE gabonaise reste un impératif majeur pour les autorités. À défaut d’une stratégie commune avec les autres États du Golfe de Guinée, le Gabon doit renforcer ses dispositifs nationaux.
La Zone économique exclusive gabonaise est vaste, couvrant à peu près la superficie du territoire national. L’État y détient des droits souverains sur l’exploitation des ressources, qu’il s’agisse de pêche, de pétrole ou de minéraux marins. Elle s’étend jusqu’à 200 milles marins (environ 370 kilomètres) des côtes.
Avec Thierry Mocktar