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Mouila / Erreur d’identification à Casep-GA : quand une faille administrative transforme le deuil en imbroglio judiciaire


Mouila / Erreur d’identification à Casep-GA : quand une faille administrative transforme le deuil en imbroglio judiciaire

Image illustrative ( la défunte et un véhicule de Casep-GA) Credit:© 2026 D.R./Le Radar

Le cas survenu à Mouila, dans la province de la Ngounié, impliquant la Compagnie africaine de sépulture du Gabon (Casep-GA), met en lumière une défaillance grave dans la chaîne d’identification et de gestion des dépouilles mortuaires. Au-delà du fait-divers, l’affaire révèle des insuffisances structurelles qui interrogent sur la fiabilité des procédures funéraires dans certaines structures privées.

Décédée le 26 mars à l’âge de 78 ans, Thérèse Ndombi Madibila a vu son corps disparaître de la morgue de Mouila avant d’être retrouvé, par un concours de circonstances, à Moabi, dans la Nyanga. Elle y avait été inhumée par erreur par une autre famille, victime elle aussi d’une mauvaise attribution de dépouille.

L’incident s’est produit lors de la levée du corps, le 10 avril, lorsque les proches de la défunte ont constaté l’absence du corps en chambre froide. L’enquête a rapidement mis en évidence une confusion d’identification ayant conduit à la remise du corps à une famille tierce, qui procédait parallèlement à des obsèques dans une autre province.

Cet enchaînement d’erreurs soulève une question centrale : celle de la traçabilité des corps dans les services funéraires. En théorie, les procédures imposent des systèmes stricts d’identification (étiquetage, registres, vérification croisée). Dans les faits, cet épisode suggère une rupture dans la chaîne de contrôle, ouvrant la voie à des erreurs aux conséquences irréversibles.

L’intervention de la justice, via le parquet de Tchibanga, a permis de corriger partiellement la situation avec l’exhumation du corps et sa restitution à la famille légitime. Mais cette réponse judiciaire, bien que rapide, intervient a posteriori, une fois le dommage moral, symbolique et financier déjà consommé.

Au-delà du choc émotionnel, cette affaire met en évidence un double préjudice : d’une part pour la famille de la défunte, contrainte de réorganiser des obsèques déjà engagées ; d’autre part pour une seconde famille, qui a inhumé une personne inconnue sans en avoir conscience.

Sur le plan institutionnel, ce type d’incident pose la question de la régulation et du contrôle des maisons funéraires, ainsi que de la responsabilité des opérateurs privés dans la gestion d’un moment aussi sensible que celui du deuil. Il interroge également la capacité des autorités sanitaires et judiciaires à prévenir ce type de dérives, plutôt que de simplement les corriger.

En définitive, cette affaire dépasse le simple fait-divers. Elle met en évidence la fragilité des dispositifs de gestion mortuaire et rappelle que, dans ce domaine, l’erreur administrative ne se limite pas à une simple faute technique : elle touche directement à la dignité des morts et à la stabilité des vivants.

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