Profanation de tombes et trafic de restes humains : une affaire macabre relance les inquiétudes au Gabon
Quelques parties du squelette ( Presse Judiciaire Gabonaise) Credit:© 2026 D.R./Le Radar
La profanation de sépultures et le trafic de restes humains ne sont malheureusement pas des phénomènes nouveaux au Gabon. Dans le septentrion, notamment à Oyem, la récente interpellation d’un jeune homme en possession d’un squelette humain remet en lumière une pratique criminelle aussi choquante qu’inquiétante.
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Selon les informations publiées ce 11 juillet par la Presse Judiciaire Gabonaise, les éléments de la Brigade Anti-Criminalité (BAC) ont procédé à une importante interpellation au poste de contrôle d’Ewoté Mekok, situé à l’entrée sud de la commune d’Oyem.
Le suspect, identifié sous les initiales « ONS », est un Gabonais de 24 ans, plombier de formation et résidant au quartier Vallée Sud.
Il a été arrêté alors qu’il transportait un sac de voyage noir contenant un squelette humain presque complet, composé notamment d’un crâne, de deux tibias, de côtes et d’un bassin.
Au cours de son audition, le jeune homme est passé aux aveux. Il a indiqué que les ossements provenaient de la profanation d’une sépulture commise il y a plus de trois mois à Libreville. Il aurait agi avec un complice, identifié sous le pseudonyme de « Joryck », actuellement en fuite.
Toujours selon les premiers éléments de l’enquête, les restes humains devaient être acheminés vers le village frontalier de Medzeng, sur l’axe Oyem-Guinée équatoriale, où ils étaient destinés au marché noir. La transaction aurait été estimée à 500 000 FCFA.
Saisi de l’affaire, le procureur de la République près le Tribunal de première instance d’Oyem, Raphaël Mangouka, a condamné avec fermeté ces actes.
« Nous allons faire toute la lumière sur ce dossier. Ceux qui se livrent à la profanation de sépultures et au trafic de restes humains répondront de leurs actes avec la plus grande rigueur » , a déclaré le magistrat, selon des propos rapportés par la Presse Judiciaire Gabonaise.
Le suspect est actuellement placé en garde à vue. Une enquête judiciaire a été ouverte afin d’identifier toutes les personnes impliquées et de déterminer l’étendue de ce présumé réseau de trafic de restes humains.
Au-delà du fait divers, cette affaire soulève de nombreuses interrogations sur la persistance de réseaux criminels spécialisés dans la profanation de tombes, un phénomène qui heurte les valeurs culturelles, spirituelles et sociales des populations. Elle interpelle également les autorités sur la nécessité de renforcer la sécurisation des cimetières et la lutte contre les trafics transfrontaliers impliquant des restes humains.