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Tchibanga : Giovanni Boulingui condamné avec sursis, Marion Minerals rattrapée par la question des conditions de travail


Tchibanga : Giovanni Boulingui condamné avec sursis, Marion Minerals rattrapée par la question des conditions de travail

Giovanni Boulingui Credit:© 2026 D.R./Le Radar

Poursuivi pour diffamation par la société Marion Minerals, Lionel Giovanni Boulingui a été condamné, ce 29 septembre 2026, par le tribunal de Tchibanga à six mois d’emprisonnement avec sursis et à 200 000 FCFA d’amende. Une décision qui lui évite l’incarcération, alors que le ministère public et la partie plaignante avaient requis une peine plus lourde.

Giovanni Boulingui condamné avec sursis, Marion Minerals rattrapée par la question des conditions de travail

Le tribunal de Tchibanga a rendu son verdict ce mardi 29 septembre dans l’affaire opposant Lionel Giovanni Boulingui à la société Marion Minerals. Poursuivi pour diffamation après la diffusion d’une vidéo sur les réseaux sociaux, le porte-parole de NYN ÉVEIL a été condamné à six mois d’emprisonnement avec sursis et à une amende de 200 000 FCFA.

 
La peine prononcée ne comporte donc aucune incarcération ferme. Selon les éléments rapportés par l’intéressé sur ses réseaux sociaux, le ministère public et la partie plaignante avaient sollicité une sanction plus sévère.

 
Des débats qui ont dépassé la seule question de la diffamation

 
Au fil des audiences, le procès a également fait émerger des interrogations sur les conditions de recrutement et de travail au sein de Marion Minerals.

 
Lors de l’audience du 24 septembre, deux témoins cités par la défense ont déclaré avoir commencé à travailler pour l’entreprise en mars 2025 sans disposer, à cette date, d’un contrat de travail écrit. Selon leurs témoignages, les premiers contrats ne leur auraient été remis que plusieurs mois après leur prise de fonction.

 
Un témoin présenté par l’entreprise, responsable QHSE, a confirmé leur recrutement dès mars 2025, tout en précisant qu’ils avaient alors le statut de journaliers.

 
Ces déclarations ont ainsi introduit dans les débats la question des pratiques de recrutement et des conditions de travail au sein de l’entreprise, même si la procédure soumise au tribunal portait juridiquement sur des faits de diffamation.

 
Lionel Giovanni Boulingui envisage un appel

 
Après le verdict, Lionel Giovanni Boulingui a réagi sur les réseaux sociaux. Il affirme que son avocat avait d’abord plaidé sa non-culpabilité avant de solliciter, à titre subsidiaire, le bénéfice du sursis dans l’hypothèse où le tribunal considérerait l’infraction comme constituée.

 
« Je tiens à rappeler que mon avocat avait d’abord plaidé ma non-culpabilité et, à titre subsidiaire, avait sollicité le sursis sur le fondement de l’article 41 du Code pénal, si le tribunal estimait, au vu des débats, que l’infraction était constituée » , a-t-il écrit.

 
L’intéressé indique par ailleurs se réserver le droit de faire appel.

 
« Le tribunal de Tchibanga a décidé que je ne devais pas aller en prison. Je me réserve le droit de faire appel, car les agissements illégaux de la société ont été suffisamment démontrés et devraient, selon moi, conduire à une issue plus favorable » , a-t-il ajouté.

 
Cette appréciation relève de la position de Lionel Giovanni Boulingui. Elle pourrait, s’il décide effectivement d’interjeter appel, être soumise à l’examen d’une juridiction supérieure.

 
Une affaire née d’une vidéo

 
À l’origine de la procédure se trouve une vidéo dans laquelle Giovanni Boulingui donnait la parole à de jeunes Gabonais recrutés par Marion Minerals et s’interrogeait sur leurs conditions de travail.

 
La société avait alors engagé des poursuites pour diffamation. Selon les réquisitions rapportées lors de l’audience, le prévenu risquait jusqu’à un an d’emprisonnement et un million de FCFA d’amende.

 
Le tribunal de Tchibanga a finalement retenu une peine de six mois d’emprisonnement avec sursis assortie d’une amende de 200 000 FCFA.

 
Le volet judiciaire n’est toutefois peut-être pas clos. Lionel Giovanni Boulingui se réserve la possibilité de faire appel. Quant aux interrogations apparues au cours des audiences sur les conditions de recrutement et de travail, elles demeurent posées au-delà du verdict rendu dans cette affaire de diffamation.

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