L’ancien Délégué spécial de la commune de Bitam, Jean-Michel Edou Sima, sort de sa réserve ce mercredi 18 mars 2026 Credit:© 2026 D.R./Le Radar
L’ancien Délégué spécial de la commune de Bitam, Jean-Michel Edou Sima, sort de sa réserve. Dans une tribune publiée ce mercredi 18 mars sur Gabonews, l’ex-édile revient sur sa gestion de la municipalité, détaille ses réalisations et balaie d’un revers de main les accusations de détournement de fonds, qu’il qualifie de pures « affabulations ».
Lire aussi
Un serviteur de l’État aux racines bitamoises
Né le 26 avril 1964 à Bitam, Jean-Michel Edou Sima met en avant un parcours indissociable des valeurs du service public. Fils d’instituteurs formés à l’école normale de Mitzic, il dit avoir forgé son caractère dans un environnement empreint de rigueur.
Son curriculum vitae témoigne d’une longue proximité avec les sommets de l’État : attaché de cabinet du président Omar Bongo (1990-1995), puis Haut représentant personnel du Chef de l’État (1997-2003). Familier des rouages municipaux, il avait déjà dirigé la mairie de Bitam entre 2003 et 2008 avant de rejoindre l’ARCEP en tant que conseiller.
Une mission sous l’ère de la Transition
C’est le 19 mars 2024, dans l’élan de la Transition porté par le général Brice Clotaire Oligui Nguema, qu’il est rappelé aux affaires comme Délégué spécial. Installé le 3 avril suivant, il affirme avoir exercé son mandat avec un « sens élevé du devoir », malgré le défi de la réorganisation des collectivités locales.
Moderniser la « Vitrine du Gabon »
Pour Edou Sima, son passage à la tête de la commune est marqué par une volonté de transformation visible. Il cite, entre autres, la réhabilitation complète de l’Hôtel de ville et la construction d’un bâtiment annexe.
Parlant du Cadre de vie, il rappelle son combat contre l’insalubrité et la réorganisation du commerce vers le marché municipal.
Abordant la question relative aux équipements, Edou Sima pointe le renforcement de l’éclairage public et l’acquisition de matériel de voirie.
L’ambition affichée était claire : redonner à Bitam son lustre de ville carrefour, véritable vitrine du pays dans la zone des Trois Frontières.
Une gestion financière « à flux tendu » mais transparente
Face aux critiques, l’ancien Délégué spécial martèle que ces chantiers ont été autofinancés par les ressources communales, sans aucune dotation exceptionnelle de l’État. Pour preuve de son intégrité, il souligne que la Délégation a reversé 188 millions de FCFA au Trésor public en 2024. Il justifie ses choix par l’urgence d’agir, refusant que la Transition soit synonyme d’immobilisme.
L’ancien Maire de la commune de Bitam sur le terrain
Accusations de détournement : « Comment voler ce qui n’existe pas ? »
Le point d’orgue de sa mise au point concerne l’accusation de détournement de 485 millions de FCFA. Jean-Michel Edou Sima rejette catégoriquement ces chiffres, affirmant qu’aucun document comptable ne justifiait la présence d’une telle somme dans les caisses lors de la passation de charges.
« Comment détourner une somme qui n’existait pas ? », interroge-t-il, rappelant que de telles allégations jettent également le discrédit sur les services du Trésor et du contrôle budgétaire.
Contre la « chasse aux sorcières »
Déplorant un climat politique devenu délétère, l’ancien édile appelle à la fin des tensions locales. En dénonçant une forme de « chasse aux sorcières », il exhorte les populations de Bitam à l’unité, estimant que le développement de la cité doit l’emporter sur les querelles de clocher.
Par cette tribune, Jean-Michel Edou Sima tente de clore la polémique en replaçant le débat sur le terrain des faits, tout en réaffirmant son ancrage indéfectible dans sa ville natale.