Photo de famille lors du lancement de la 5 G à Libreville Credit:© 2026 D.R./Le Radar
Douze ans après l’arrivée de la 4G, le Gabon franchit une nouvelle étape avec le lancement officiel de la 5G, ce lundi 26 octobre 2026, à Libreville. Une avancée technologique prometteuse, qui intervient pourtant dans un contexte où la qualité des connexions, le coût des forfaits et les disparités de couverture continuent de préoccuper les usagers. Au-delà des annonces, les Gabonais attendent surtout de pouvoir accéder à un Internet fiable, rapide et abordable.
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La 5G est lancée, mais Internet sera-t-il enfin à la hauteur ?
Le Gabon entre officiellement dans l’ère de la 5G. Présentée ce lundi 26 octobre, au Palais des congrès de Libreville, à l’ouverture de la première Semaine du numérique, cette nouvelle technologie promet des connexions plus rapides, des temps de réponse réduits et une meilleure capacité des réseaux à supporter un grand nombre d’utilisateurs.
Sur le papier, les perspectives sont séduisantes. Pour les abonnés qui subissent régulièrement des lenteurs, des interruptions de connexion ou des débits décevants, l’enthousiasme pourrait cependant rester mesuré. Après douze années de 4G, ils savent qu’une innovation technologique ne garantit pas automatiquement une amélioration du service.
La 5G devra donc faire ses preuves, loin des discours officiels et des démonstrations soigneusement orchestrées.
Une technologie nouvelle, mais à quel prix ?
L’accès à la 5G suppose de posséder un téléphone compatible, de se trouver dans une zone couverte et de souscrire une offre permettant d’utiliser cette technologie. Autant de conditions qui pourraient en limiter les bénéfices pour une partie de la population.
Le coût des équipements constitue un premier obstacle. Dans un pays où le pouvoir d’achat demeure une préoccupation majeure, le renouvellement d’un smartphone représente une dépense que tous les ménages ne peuvent envisager.
Reste également l’inconnue des tarifs. Quels forfaits seront proposés ? À quels prix ? Avec quelles limitations éventuelles de consommation ? Ces informations seront déterminantes pour apprécier l’accessibilité réelle du nouveau réseau.
Le risque serait de voir émerger un Internet à deux vitesses, avec une 5G performante pour les abonnés disposant des moyens nécessaires et des connexions toujours aussi laborieuses pour les autres.
Libreville, Akanda, Owendo, Port-Gentil… et les autres ?
Une image de la première journée
Le déploiement annoncé concerne notamment Libreville, Akanda, Owendo et Port-Gentil. Un démarrage dans les principaux centres urbains qui peut se comprendre pour des raisons techniques et économiques, mais qui ravive la question des inégalités territoriales.
Dans de nombreuses localités de l’intérieur du pays, disposer d’une connexion stable reste une difficulté quotidienne. Les conséquences dépassent largement le confort des utilisateurs. Elles touchent les activités commerciales, l’enseignement, l’accès à l’information et les démarches administratives.
L’arrivée de la 5G ne devrait pas faire oublier ces réalités. L’amélioration des réseaux existants et leur extension à l’ensemble du territoire demeurent des priorités.
L’Autorité de régulation des communications électroniques et des postes (ARCEP) aura, à cet égard, un rôle essentiel à jouer. Au-delà du contrôle des obligations des opérateurs, les consommateurs sont en droit d’attendre des évaluations régulières et transparentes de la qualité des services proposés.
Douze ans de 4G : un bilan qui mérite d’être dressé
Le 10 octobre 2014, Gabon Telecom lançait officiellement la 4G à Libreville, plaçant le Gabon parmi les pionniers de cette technologie en Afrique centrale. En novembre 2016, Moov Gabon introduisait à son tour la 4G+, avec la promesse de performances accrues.
Douze ans plus tard, l’arrivée de la 5G offre l’occasion de dresser un bilan sérieux de cette évolution.
Quelle amélioration effective des débits les abonnés ont-ils connue ? Comment la couverture a-t-elle progressé ? Les tarifs ont-ils évolué favorablement au regard de la qualité du service ? Autant d’indicateurs qui permettraient de mesurer les progrès accomplis et les insuffisances persistantes.
L’expérience de la 4G devrait surtout servir à éviter que les mêmes difficultés accompagnent le déploiement de la nouvelle technologie.
La première Semaine du numérique met également en avant les perspectives de formation, d’emploi et d’entrepreneuriat pour la jeunesse gabonaise. Ces ambitions sont légitimes. Encore faut-il que les jeunes entrepreneurs, les étudiants et les petites entreprises puissent disposer des infrastructures, des compétences et des moyens nécessaires pour en tirer profit.
Une connexion performante peut ouvrir de nouvelles perspectives économiques. Son coût et sa disponibilité détermineront largement qui pourra réellement en bénéficier.
La véritable révolution se mesurera sur le terrain
Le lancement de la 5G représente incontestablement une avancée dans la modernisation des télécommunications gabonaises. Il serait toutefois prématuré d’y voir, dès aujourd’hui, la preuve d’une transformation réussie du paysage numérique national.
Les attentes des consommateurs sont connues : des connexions stables, des débits conformes aux engagements des opérateurs, des forfaits abordables et une couverture qui ne s’arrête pas aux grandes agglomérations.
La réussite de cette nouvelle étape dépendra donc de résultats concrets, vérifiables et durables.
Les cérémonies de lancement ont leur utilité. Elles permettent d’annoncer les ambitions, de présenter les équipements et de célébrer les progrès techniques. Mais les abonnés, eux, continueront de juger leur connexion à une mesure beaucoup plus simple : fonctionne-t-elle correctement, et combien leur coûte-t-elle ?
Après douze ans de 4G, les Gabonais ont suffisamment entendu les promesses de vitesse. Avec la 5G, ils attendent désormais que les performances annoncées arrivent jusqu’à leurs téléphones. Et, si possible, sans devoir payer le prix fort pour les constater.
