Marchés municipaux / Heures de fermeture : quand l’incivisme des commerçants s’installe
L’épicentre de ces tensions se situerait au grand marché de Mont-Bouët, dans le troisième arrondissement de Libreville Credit:© 2026 D.R./Le Radar
La décision du maire de Libreville, rendue publique le 10 mars dernier, rappelant l’application stricte de l’arrêté municipal de 2020 fixant les heures d’ouverture et de fermeture des marchés municipaux, suscite actuellement des remous quant à sa mise en œuvre.
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Il est bien établi que l’homme lui-même constitue souvent un frein aux mutations sociétales dans son environnement.
L’épicentre de ces tensions se situerait au grand marché de Mont-Bouët, dans le troisième arrondissement de Libreville.
Prise en application de la loi, cette mesure interdit toute activité lucrative au sein des espaces de vente de la mairie de Libreville au-delà de 17 h 30, sauf autorisation spéciale assortie de frais, sous peine de sanctions pouvant aller jusqu’à la saisie des marchandises.
Cette disposition avait été instaurée afin de faciliter le nettoyage des espaces de vente, mais également de lutter contre le grand banditisme qui sévit dans ces zones.
Malheureusement, la décision du maire se heurte à l’incivisme de certains commerçants, regroupés au sein d’une prétendue ONG dénommée « Solidarité des débrouillards du Gabon ». Un groupuscule de ces derniers dénonce une décision municipale « précipitée et déconnectée des réalités économiques ».
Ces derniers soutiennent, dans leur contestation, que cette mesure « revient à étouffer l’activité commerciale », indique-t-on.
Par ailleurs, il est également relevé que de nombreux agents municipaux véreux s’illustrent par des prélèvements frauduleux de droits de place au-delà des heures officielles de vente dans les marchés.
Autant de pratiques qui renforcent le sentiment d’incivisme chez certains commerçants face à l’application de la décision municipale.
Ainsi, entre l’impératif de régulation pour l’intérêt général et la défense d’intérêts personnels, certains semblent prêts à alimenter une crise sociale, prenant en otage la gestion des marchés municipaux. Comme le dit l’adage : « dans l’antre du mal ».
Par Thierry Mocktar