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Baccalauréat en prison : après le diplôme, l’impasse pour les détenus ?


Baccalauréat en prison : après le diplôme, l’impasse pour les détenus ?

Une prison du Gabon ( Internet) Credit:© 2026 D.R./Le Radar

Au Gabon, le droit à l’éducation est reconnu aux personnes privées de liberté. Les textes encadrant l’administration pénitentiaire prévoient la poursuite des études dans le cadre de la réinsertion sociale. Pourtant, une question demeure : que deviennent les détenus après l’obtention de leur baccalauréat ?

Pour tenter d’y répondre, LeRadar.ga a contacté, ce jeudi 16 juillet, le président de l’ONG SOS Prisonnier, Ella Engonga Lionel. Selon lui, la réussite au baccalauréat n’ouvre, dans les faits, aucune perspective de poursuite d’études durant la détention.

« Non, ils ne suivent aucune formation. Ils restent en détention sans possibilité de poursuivre leurs études » , déclare-t-il.

Un constat qui met en lumière le décalage entre les dispositions prévues par les textes et leur application effective dans les établissements pénitentiaires.

Cette année, 31 détenus prennent part aux épreuves du baccalauréat 2026 dans les prisons du Gabon. À l’occasion du lancement des examens, la ministre d’État, ministre de l’Éducation nationale, Camélia Ntoutoume Leclercq, s’est rendue, le mercredi 15 juillet, à la prison centrale de Libreville afin d’encourager les candidats et de s’assurer du bon déroulement des épreuves.

Au niveau national, 27 détenus composent au baccalauréat général et 4 au baccalauréat technologique. L’Estuaire concentre 22 candidats, devant le Woleu-Ntem (4), l’Ogooué-Maritime (3) et la Ngounié (2).

Des salles de classe ont été aménagées au sein de la prison centrale de Libreville afin de permettre aux candidats de suivre les enseignements et de composer dans des conditions adaptées.

Si l’organisation des examens témoigne d’une volonté d’assurer le droit à l’éducation en milieu carcéral, la question de l’après reste entière. En l’absence de dispositifs permettant aux détenus admis au baccalauréat de poursuivre des études supérieures ou de bénéficier de formations qualifiantes pendant leur incarcération, leur parcours éducatif s’interrompt souvent au seuil du diplôme.

Au-delà de la réussite aux examens, c’est donc toute la politique de réinsertion qui est interrogée. Car un baccalauréat qui ne débouche sur aucune formation, aucun accompagnement et aucune perspective d’évolution risque de perdre une partie de sa vocation : préparer efficacement le retour des détenus dans la société.

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