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Dans Le Confidentiel, Michel Ongoundou Loundah démonte le récit officiel sur le manganèse


Dans Le Confidentiel, Michel Ongoundou Loundah démonte le récit officiel sur le manganèse

Michel Ongoundou Loundah, ancien Sénateur Credit:© 2026 D.R./Le Radar

Dans un entretien accordé au média en ligne Le Confidentiel, l’ancien sénateur Michel Ongoundou Loundah livre une analyse critique du protocole d’accord signé entre le Gabon et Eramet. À travers une argumentation nourrie de considérations économiques, industrielles et juridiques, il remet en question le discours officiel sur la souveraineté économique et les ambitions de transformation locale du manganèse.

« Une échéance non négociable qui a fini par se négocier. » À elle seule, cette formule résume le ton de l’entretien accordé par Michel Ongoundou Loundah au média en ligne Le Confidentiel. Dans cet entretien, Michel Ongoundou Loundah livre une analyse sans concession du protocole signé entre le Gabon et Eramet. Il déconstruit, point par point, le récit officiel présentant cet accord comme une victoire de la souveraineté économique. Loin de la polémique partisane, l’ancien sénateur adopte une approche fondée sur les réalités économiques, industrielles et juridiques. Son constat est sans appel : « La souveraineté ne consiste pas à annoncer une date devant les caméras, mais à créer les conditions qui permettent effectivement de la respecter. »

L’un des passages les plus marquants concerne le report de l’interdiction d’exporter le manganèse brut de 2029 à 2031. Alors que les autorités avaient présenté l’échéance de 2029 comme « non négociable », Michel Ongoundou Loundah rappelle une évidence politique : « Lorsqu’une échéance présentée comme non négociable est repoussée de deux ans à l’issue d’une négociation, cela signifie qu’elle était, en réalité, négociable. »

Au-delà du calendrier, Michel Ongoundou Loundah s’attarde sur l’équilibre même du protocole. Selon lui, l’État gabonais prend des engagements lourds en matière d’infrastructures, d’énergie et de logistique, tandis que l’investisseur conserve la liberté de décider ultérieurement s’il réalisera effectivement son projet.

Une phrase résume parfaitement cette asymétrie : « En clair, l’État prend des engagements immédiats tandis que l’investisseur conserve la possibilité de décider plus tard. » L’entretien se distingue également par un angle rarement abordé dans le débat public. Alors que les discussions se concentrent presque exclusivement sur l’électricité, Michel Ongoundou Loundah attire l’attention sur un autre défi majeur : l’eau industrielle. « Une usine ne fonctionne ni avec des discours ni avec des communiqués. Elle fonctionne avec des mégawatts, des mètres cubes d’eau, des infrastructures fiables et une compétitivité que les slogans ne remplaceront jamais » , souligne-t-il.

Autre moment fort de l’entretien : son analyse des négociations elles-mêmes. Pour lui, le Gabon disposait d’atouts considérables grâce à ses immenses réserves de manganèse, mais n’a pas su transformer cette richesse en véritable rapport de force. D’où cette formule appelée à marquer les esprits : « On négocie toujours mieux lorsqu’on est capable de quitter la table. »

Michel Ongoundou Loundah met également en garde contre un risque souvent passé sous silence : celui de voir 2031 devenir le point de départ d’une nouvelle renégociation plutôt que l’aboutissement du projet. Il observe avec lucidité : « Au Gabon, certains grands projets ne sont jamais officiellement abandonnés. Ils sont reportés de date en date jusqu’à disparaître silencieusement de l’agenda politique. » L’entretien dépasse d’ailleurs le seul dossier Eramet. Commentant la vidéo tournée à l’ambassade du Gabon à Paris, réunissant d’anciens dignitaires des régimes successifs des Bongo et des responsables actuels, il livre une réflexion politique qui a particulièrement retenu l’attention : « Changer les acteurs ne suffit pas toujours à changer le scénario. »

Enfin, la conclusion de l’entretien sonne comme un rappel à l’exigence. Refusant aussi bien le pessimisme que le triomphalisme, Michel Ongoundou Loundah invite les Gabonais à conserver leur esprit critique : « Les Gabonais ont le droit d’exiger des résultats plutôt que des promesses. » Avant d’ajouter cette phrase qui résume l’ensemble de sa démonstration : « La véritable souveraineté économique commence peut-être là. Elle ne se résume ni à un décret, ni à un slogan, ni à une cérémonie officielle. Elle se construit patiemment, par l’investissement, la compétence, la constance et la crédibilité. »

Par la précision de ses arguments, la diversité des thèmes abordés et la cohérence de son raisonnement, cet entretien s’impose comme l’une des analyses les plus approfondies publiées jusqu’à présent sur le protocole Gabon-Eramet. Plus qu’une critique de l’action gouvernementale, Michel Ongoundou Loundah propose une réflexion de fond sur les conditions réelles de l’industrialisation et de la souveraineté économique du Gabon, invitant chacun à dépasser les effets d’annonce pour juger les politiques publiques sur la base de leurs résultats concrets.

RDB

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