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Gabon : 149 jours sans réseaux sociaux, le blocage numérique s’installe dans la durée


Gabon : 149 jours sans réseaux sociaux, le blocage numérique s’installe dans la durée

Image illustrative ( Internet) Credit:© 2026 D.R./Le Radar

Depuis le 17 février 2026, les réseaux sociaux demeurent suspendus au Gabon. Alors que la mesure devait être temporaire, aucune nouvelle communication officielle n’est intervenue six mois après son entrée en vigueur. Pendant ce temps, les internautes ont massivement recours aux VPN pour contourner la restriction.

Cent quarante-neuf jours après la décision de suspension des réseaux sociaux, le silence des autorités gabonaises alimente les interrogations. Facebook, X, Instagram, TikTok et d’autres plateformes restent difficilement accessibles sans outils de contournement, notamment les réseaux privés virtuels (VPN).

La mesure avait été annoncée par la Haute Autorité de la Communication (HAC), qui justifiait cette décision par la nécessité de lutter contre la diffusion de contenus qualifiés « d’inappropriés, diffamatoires et haineux » sur les plateformes numériques.
Dans un communiqué lu le mardi 17 février 2026 sur la chaîne publique Gabon 1re, le porte-parole de la HAC, Jean-Claude Mendome, avait annoncé « la suspension immédiate des réseaux sociaux sur le territoire gabonais jusqu’à nouvel ordre ».

Selon l’autorité de régulation, cette décision visait également à prévenir la circulation de contenus susceptibles « d’engendrer des conflits sociaux, de déstabiliser les institutions de la République et de mettre gravement en péril l’unité nationale, les avancées et les acquis démocratiques ».

Le contournement par les VPN

Malgré cette restriction, les utilisateurs gabonais ont rapidement trouvé des alternatives. Le recours aux VPN s’est généralisé, permettant à de nombreux internautes de continuer à accéder aux plateformes numériques et à maintenir leurs échanges en ligne.
Cette pratique témoigne des limites d’une suspension qui, bien qu’officielle, n’a pas totalement empêché l’accès aux réseaux sociaux.

La bataille judiciaire perdue par l’opposition

En mars dernier, le parti d’opposition Ensemble pour le Gabon, dirigé par Alain-Claude Bilie-By-Nze, avait saisi le tribunal de Libreville pour contester la décision de la HAC.

La formation politique estimait que cette suspension portait atteinte à la liberté d’expression et à l’accès à l’information. Le tribunal s’était toutefois déclaré incompétent, donnant ainsi gain de cause à la Haute Autorité de la Communication.

Six mois après la mise en œuvre de cette mesure, la question demeure : jusqu’à quand cette suspension va-t-elle durer ?

Alors que les autorités n’ont annoncé aucune date de rétablissement, le débat reste entier entre impératifs de sécurité, régulation de l’espace numérique et préservation des libertés publiques.

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