Football : Parfait Ndong charge la Fégafoot et estime que « le problème n’est pas le sélectionneur »
Parfait Ndong, ancien international gabonais et fondateur d’une école de football ( Internet) Credit:© 2026 D.R./Le Radar
La nomination de Sébastien Migné au poste de sélectionneur des Panthères du Gabon ne fait pas l’unanimité. Quelques heures après l’annonce de la Fédération gabonaise de football (Fégafoot), les réactions se multiplient dans le milieu sportif national. Ancien international gabonais et fondateur d’une école de football, Parfait Ndong livre un regard particulièrement critique sur cette décision. Pour lui, le changement d’entraîneur ne constitue pas une réponse aux maux profonds qui minent le football gabonais.
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« Le problème n’est pas de nommer un sélectionneur. On peut nommer Mourinho ou qui l’on veut, cela ne changera rien » , affirme-t-il, estimant que la crise actuelle dépasse largement la question du banc technique.
« Le football gabonais manque d’une véritable politique sportive »
Pour l’ancien international, le constat est sans appel. « On ne peut pas faire de bilan, parce que le bilan est catastrophique. On fait un bilan lorsqu’il y a quelque chose de positif qui ressort », déplore-t-il.
Parfait Ndong compare la situation actuelle à celle de l’époque d’Azingo, l’ancienne appellation de la sélection nationale gabonaise. « Entre Azingo et les Panthères, c’est le jour et la nuit. Depuis le changement de nom jusqu’à aujourd’hui, on n’a rien vu d’extraordinaire », analyse-t-il.
Selon lui, l’absence d’une stratégie claire explique les difficultés persistantes du football gabonais. « Pour que quelque chose se redessine, il faut une politique sportive. Au Gabon, nous n’avons pas de politique sportive. Nous voulons des résultats, nous parlons de réformes, mais rien n’est réellement mis en pratique » , poursuit-il.
Sébastien Migné, un changement qui ne suffira pas
Concernant le nouveau patron des Panthères, Parfait Ndong estime que son arrivée ne pourra produire des résultats sans une transformation globale du système.
« Ce n’est pas ce sélectionneur qui viendra changer quelque chose au Gabon. On connaît son parcours, son CV, mais ce n’est pas seulement une question d’homme. Il faut régler les problèmes de fond » , explique-t-il.
Il s’interroge également sur le remplacement d’Anicet Yala, ancien sélectionneur intérimaire. « On enlève Anicet aujourd’hui, qu’a-t-il fait de mal ? On va encore prendre quelqu’un qui coûtera plus cher alors que le pays connaît des difficultés financières » , dénonce-t
il.
Parfait Ndong appelle au départ de Mounguengui
La principale cible des critiques de l’ancien international reste la gouvernance de la Fégafoot. Il appelle le président Pierre-Alain Mounguengui à tirer les conséquences de son bilan.
« La seule chose que Mounguengui peut faire pour le changement du football gabonais, c’est d’avoir le courage de dire : j’aime mon pays, j’ai échoué, je m’en vais » , lance-t-il.
Selon lui, l’échéance de décembre annoncée par les instances internationales sera déterminante. « La FIFA et la CAF ont parlé de décembre. Nous allons voir ce qui va se passer. Mais si Mounguengui ne part pas en décembre, le football gabonais risque de très mal finir » , prévient-il.
Transparence et infrastructures dans le viseur
L’ancien international réclame également davantage de transparence dans la gestion de la fédération. « Nous sommes revenus de la CAN, mais où sont les comptes après cet échec ? Personne ne les connaît. On repart dans un nouveau système sans véritable bilan » , regrette-t-il.
Il pointe aussi du doigt l’état du Centre national de football de Bikélé, qui devait être un outil majeur pour les sélections nationales.
« Le centre de Bikélé est devenu un motel. On le loue aux clubs, à n’importe qui. Chacun y va. C’est devenu un bazar sans nom », dénonce-t-il.
Sur une éventuelle candidature à la présidence de la Fégafoot, Parfait Ndong se montre prudent : « Je n’ai pas d’intention pour le moment. Si j’avais des ambitions, je me serais déjà positionné comme candidat. »
Pour l’ancien international, la relance du football gabonais ne passera donc pas uniquement par un nouveau sélectionneur, mais par une réforme profonde de la gouvernance, de la formation et des infrastructures sportives.