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Gabon : avec le mouvement Ovouein G9, le malaise des soutiens de la première heure d’Oligui Nguema éclate au grand jour


Gabon : avec le mouvement Ovouein G9, le malaise des soutiens de la première heure d’Oligui Nguema éclate au grand jour

Au milieu, la présidente du mouvement Ovouein G9, Pierre Nkene Mba épse Jouan Credit:© 2026 D.R./Le Radar

La sortie médiatique du Mouvement Ovouein G9, ce vendredi 31 juillet 2026 à Libreville, dépasse le simple plaidoyer de militants en quête de reconnaissance. En dénonçant leur mise à l’écart et en sollicitant une audience avec le président Brice Clotaire Oligui Nguema, ces soutiens de la première heure mettent en lumière une réalité qui traverse aujourd’hui plusieurs cercles ayant accompagné le changement politique : le sentiment d’avoir été oubliés au profit de nouveaux acteurs.

Sous le thème évocateur « Nous sommes Ovouein G9, les bâtisseurs oubliés », le mouvement ne remet pas en cause le leadership du chef de l’État. Au contraire, il renouvelle son soutien au président tout en adressant un message clair à son entourage. Cette distinction n’est pas anodine. Elle traduit une stratégie consistant à préserver le lien avec le chef de l’État tout en attribuant les frustrations à son environnement politique et administratif.

En affirmant que certains militants ont investi leur temps, leurs moyens et leur énergie sans bénéficier d’aucune reconnaissance, Ovouein G9 soulève une question récurrente dans les périodes de transition politique : comment gérer les attentes des soutiens qui ont contribué à l’accession au pouvoir sans créer un sentiment d’exclusion chez ceux qui estiment avoir participé à la victoire ?

https://youtu.be/RL65Cugfzgs?is=tgx...
Déclaration du mouvement Ovouein G9

Le mouvement va plus loin en dénonçant l’inaccessibilité présumée de certains collaborateurs du président. Cette critique traduit un déficit de communication entre la base militante et les centres de décision. Pour les responsables d’Ovouein G9, l’absence de dialogue nourrit l’incompréhension et alimente le sentiment d’abandon.

« Nous constatons qu’après les sacrifices consentis, certains ont été récompensés, tandis que d’autres, pourtant tout aussi engagés, ont été laissés au bord du chemin. Cette situation est incompréhensible et profondément injuste. »

Le mouvement déplore également l’attitude de certains collaborateurs du président, qu’il juge « quasiment inaccessibles, indifférents et sans cœur face aux sollicitations » des militants dans les différentes localités.

Cette déclaration intervient dans un contexte où plusieurs associations et mouvements de soutien expriment, de manière plus ou moins ouverte, leur frustration face au partage des responsabilités et des opportunités. Sans remettre en cause leur adhésion au projet présidentiel, ces organisations réclament davantage d’écoute, de considération et de transparence dans la gestion des attentes suscitées par le changement.

« Monsieur le Président de la République, nous continuons de croire en votre vision pour le Gabon. Aujourd’hui, nous refusons de rester dans l’ombre. »

La demande d’audience adressée au chef de l’État apparaît ainsi comme une tentative de privilégier le dialogue avant que le malaise ne s’installe durablement. Elle constitue également un test de la capacité du pouvoir à maintenir le lien avec les réseaux qui ont contribué à asseoir sa légitimité politique.

Le mouvement conclut sa déclaration par une formule qui résume son état d’esprit :

« Un bâtisseur oublié reste un bâtisseur ; il est temps que la Nation s’en souvienne. »

Au-delà du cas d’Ovouein G9, cette sortie publique rappelle qu’une alternance ou une transition ne se mesure pas uniquement à la conduite des réformes. Elle se juge également à la manière dont sont gérées les attentes des soutiens, à la reconnaissance de leur engagement et à la qualité du dialogue entre le pouvoir et sa base. Pour l’exécutif, l’enjeu est désormais de prévenir l’installation d’un sentiment de marginalisation susceptible d’affaiblir, à terme, la cohésion de ceux qui se présentent comme les artisans du changement.

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