La Coalition pour la Nouvelle République (CNR) et les partis politiques alliés au cours de leur déclaration à Libreville Credit:© 2026 D.R./Le Radar
La Coalition pour la Nouvelle République (CNR) et les partis politiques alliés ont livré, ce vendredi 31 juillet à Libreville, une déclaration au vitriol contre la gouvernance actuelle. État de droit, libertés publiques, économie, réforme foncière, CNAMGS ou encore dossier Mbanié : le regroupement politique a dressé un sévère réquisitoire contre les autorités et appelé à un changement de cap.
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Autour du président de la CNR, le Pr Vincent Moulengui Boukossou, également président de l’URDP, figuraient notamment Francis Hubert Aubame (PSE-PP), Daniel Bouka (PGP), Jean-Pierre Mapiga (PDN) et Michel Ongoundou Loundah (REAGIR). Face à la presse, les responsables politiques ont dénoncé ce qu’ils considèrent comme des « dérives constitutionnelles » et des « approximations » dans la conduite des affaires publiques.
« Depuis la prise du pouvoir par le CTRI jusqu’à ce jour, la Coalition pour la Nouvelle République (CNR) et les partis politiques alliés n’ont eu de cesse d’attirer l’attention du peuple et des gouvernants sur l’impérieuse nécessité du respect de la loi et d’une gestion saine de notre pays » , a déclaré la coalition.
Bilie-By-Nze, Bob Mengome et les libertés publiques
La CNR a dénoncé les procédures engagées contre l’ancien Premier ministre Alain-Claude Bilie-By-Nze, président d’Ensemble pour le Gabon (EPG), ainsi que la détention de l’activiste Bob Mengome. Elle a également critiqué la suspension prolongée des réseaux sociaux, estimant que cette mesure porte atteinte aux libertés publiques. La coalition déplore, par ailleurs, ce qu’elle qualifie de traitement inégal entre les activistes restés au Gabon et ceux revenus d’exil.
Une vue de la salle
Eramet-Comilog : des réserves sur le protocole d’accord
Sur le volet économique, la coalition a exprimé ses réserves au sujet du protocole d’accord signé le 20 juillet entre l’État gabonais et Eramet-Comilog. À ses yeux, le document ne garantit pas une transformation locale effective du manganèse et demeure conditionné à plusieurs préalables, notamment la disponibilité de l’énergie, la modernisation du Transgabonais et la décision finale d’investissement du groupe minier.
« Ce protocole intervient alors que l’interdiction d’exportation du manganèse brut avait été annoncée pour le 1er janvier 2029. L’essentiel du minerai brut continuera donc d’être exporté au-delà de cette échéance et rien n’est dit sur le plafonnement de la production » , estime la CNR.
La CNAMGS et la réforme foncière dans le viseur
La CNR s’est également inquiétée de la situation de la CNAMGS. Elle affirme que les prestations de santé sont revues à la baisse alors que les cotisations des assurés continuent d’être prélevées.
« Face à ce fonctionnement minimal de la CNAMGS, la santé de nombreux citoyens économiquement faibles est dangereusement compromise. Un État dirigé par des gouvernants soucieux de leur peuple ne peut jouer avec la santé de ses concitoyens » , a-t-elle déclaré.
Concernant la réforme foncière, le regroupement politique estime que certaines dispositions de la nouvelle réglementation fragilisent le droit de propriété et pourraient favoriser les conflits fonciers. Il appelle le gouvernement à revoir le texte afin de mieux garantir les droits des propriétaires et des communautés coutumières.
« Au regard de la résurgence d’attributions frauduleuses de terres à des étrangers et de l’absence d’un cadre juridique crédible pour s’en défendre, le peuple gabonais s’inquiète et s’interroge sur les nombreux cas d’expropriations en cours » , souligne la coalition.
Mbanié : la CNR réclame plus de transparence
Sur le dossier Mbanié, la coalition demande aux autorités de faire preuve de davantage de transparence sur le protocole signé entre le Gabon et la Guinée équatoriale dans le cadre de l’application de l’arrêt de la Cour internationale de Justice. Elle souhaite également que le gouvernement communique sur les autres aspects territoriaux de cette décision, notamment ceux concernant les secteurs de Mongomo et d’Ebebeyin.
Au terme de sa déclaration, la Coalition pour la Nouvelle République et ses alliés ont appelé les autorités à corriger les insuffisances relevées dans la gouvernance du pays.
« Tous ces manquements dans la gouvernance sont humains, mais persister dans cette voie devient périlleux pour la Nation » , a conclu la CNR.
