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Libreville face aux addictions : un appel urgent à la prise de conscience collective


Libreville face aux addictions : un appel urgent à la prise de conscience collective

Le Dr Jean-Jacques Eyingwa, à gauche et le Dr Alphonse Louma à droite. Tous les deux, psychologues et addictologues Credit:© 2026 D.R./Le Radar

Le tabac, l’alcool, les drogues et les maladies mentales s’imposent de plus en plus comme des enjeux de santé publique au Gabon. Face à la persistance de ces fléaux, le Centre de traitement des addictions et de médecine générale Alia & Zeida Clinique, en partenariat avec l’ONG Agir pour le Gabon, a organisé ce samedi à Libreville un déjeuner de presse consacré à la sensibilisation et à la mobilisation.

Au-delà d’une simple rencontre avec les médias, les organisateurs ont voulu lancer un appel à la responsabilité collective. Leur message : la lutte contre les addictions et la prise en charge des personnes souffrant de troubles psychiatriques ne peuvent plus être considérées comme des questions secondaires.

« Plutôt que de permettre l’obscurité, chacun de nous doit allumer sa petite bougie » , a déclaré le Dr. Alphonse Louma, responsable du centre et président-fondateur de l’ONG Agir pour le Gabon.

Des malades mentaux livrés à eux-mêmes

Dans les rues de Libreville, la présence croissante de personnes souffrant de troubles mentaux, parfois en situation d’extrême vulnérabilité, interpelle. Certaines errent sans prise en charge, exposées aux dangers de la rue et pouvant, dans certains cas, adopter des comportements violents.

Une réalité qui met également les populations face à leur propre impuissance et pose la question de la capacité du système sanitaire et social à prendre en charge ces personnes.

« Un pays qui ne soigne pas ses malades mentaux est un pays malade » , a martelé le Dr Louma.

https://youtu.be/hgswJn9HnEQ?is=Ii7...
Interview du Dr Alphonse Louma au terme du déjeuner de presse

Pour le praticien, les addictions et les maladies psychiatriques doivent être appréhendées comme de véritables pathologies nécessitant un accompagnement médical, psychologique et social sur la durée.

« Les addictions, tout comme les maladies psychiatriques, sont des maladies chroniques. Il faut une plus grande mobilisation » , a-t-il insisté.

Plus de 600 personnes accueillies en six ans

L’urgence paraît d’autant plus grande que les besoins sont importants. Depuis l’ouverture du Centre Alia & Zeida Clinique il y a six ans, environ 600 personnes souffrant d’addictions et d’autres troubles psychiatriques auraient déjà été accueillies et prises en charge.

L’ONG Agir pour le Gabon affirme, pour sa part, être engagée depuis plus de trois décennies dans la lutte contre ces problématiques.

Une expérience qui permet aujourd’hui aux deux structures de plaider pour une meilleure organisation de la prise en charge et pour une implication accrue des pouvoirs publics, des familles et des acteurs de la société civile.

La piste de l’expertise française

La rencontre a également été l’occasion de saluer l’initiative de la Première Dame du Gabon, Zita Oligui Nguema, qui, lors de son récent séjour en France, a visité un centre spécialisé dans le traitement des addictions, Paris Sud Saclay.

Pour les organisateurs, cette démarche constitue une occasion de mieux observer les dispositifs développés en France dans le domaine de la prévention et de la prise en charge des addictions.

Une expertise dont certains acteurs sont déjà présents au Gabon, notamment à travers le Dr. Alphonse Louma et Jean-Jacques Eyingwa, psychologues et addictologues engagés quotidiennement auprès des personnes confrontées à ces pathologies.

Faire de la santé mentale une priorité

À travers les campagnes de sensibilisations pour dire « NON au tabac, aux drogues et à l’alcool », Alia & Zeida Clinique et Agir pour le Gabon veulent surtout provoquer une prise de conscience.

Car derrière les chiffres et les comportements visibles dans les rues dans les familles se trouvent des personnes confrontées à la dépendance, à la maladie, à la stigmatisation et parfois à l’abandon.

Le message porté lors de ce déjeuner de presse est donc sans ambiguïté : la santé mentale et la lutte contre les addictions doivent désormais être considérées comme de véritables priorités de santé publique au Gabon.

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